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DUR DUR LA GREVE DANS LE PRIVE

Je travaille depuis 2 ans en CDI dans un magasin du centre ville, bonne ambiance, équipe sympa et dynamique, responsables corrects et plutôt conciliants, bref d’assez bonnes conditions de travail (enfin, meilleures qu’ailleurs, comme on dit) donc, deux ans et jamais de mécontentement, pas de revendication quelconque et encore moins de grève. Juste quelques chuchotements concernant les salaires (gagner à peine 1000 euros par mois quand on paye un loyer de quasi 600, c’est dur !) ou les heures supplémentaires majorées, oui, comme le dit la loi, mais jamais payées, juste récupérées...

La crise ? On n’en parle pas. Les objectifs grimpent, le magasin doit marcher coûte que coûte. Les manifs qui passent devant le magasin ? Pfff. Cela fait tomber le chiffre. Le monde, qui va mal ? Cela tombe bien : notre magasin offre du réconfort, du bien être... Bref les affaires tournent.

Mais si nous enlevons les œillères, les licenciements près de nous qui vont bon train, comme à la FNAC, la cherté de la vie, les difficultés pour élever nos enfants, le travail du dimanche et autre... Vraiment moi je commence à me sentir de plus en plus concernée.

Donc à la grande surprise générale je décide de me mettre en grève, et pour le 29 janvier, j’annonce que je ne viendrai pas. Pas possible ! Non ! Ne fais pas cela ! Tu vas te faire mal voir ! Je suis d’accord avec toi mais tu comprends j’attends de l’avancement... J’entends tous les sons de cloche chez les collègues et je comprends que je serai seule.

Voilà la responsable. Elle me propose de récupérer les heures, de me mettre en RTT.

Non, non j’assume, je ne veux pas être payée et je veux être déclarée en grève.

Et là, c’est la grosse affaire, il me parle alors d’un préavis de 48 heures, me dit que le tract que j’avais amené en salle de repos ne suffit pas... Bon, renseignement pris le préavis de 48 heures, moi je suis pas concernée, c’est pour la fonction publique, pour le reste je faxe la veille au soir l’appel à la grève d’une fédération "officielle" du commerce, c’est plus que suffisant.

Finalement quand le lendemain de la grève, satisfaite d’avoir acté cette liberté, je reprends mon travail, mon responsable, ne me fait aucune remarque, il n’en a d’ailleurs aucun droit. Quant à mes collègues qui n’avaient jamais vu cela, ils n’en reviennent pas que cela se passe ainsi !... Maintenant, s’il y a des licenciements économiques prochains, je ferai peut être partie de la charrette,... peut être pas. Le samedi 31 janvier, nous sommes toutes en débriefing avec le directeur régional et, là, il nous évoque la crise et on nous annonce une augmentation de 3,3 pour cent. Quant au 19 mars, j’ai appris hier que, j’ai été mise d’office de repos sur le planning à cette date (certainement pour éviter de faire tâche ) !

La casquette

Dans le fast-food où je travaille, ce symbole de la restauration rapide, imprégné d’huile de friture, tombe sur le regard et nous oblige à lever la tête quand on nous parle. Comme si on était "petits" face à l’autre. Quelle que soit la personne qui nous parle, patron ou client, la visière nous abaisse. Elle est là pour ça, pour nous inférioriser. Pour nous enserrer la tête, nous rétracter psychologiquement la cervelle. Elle fait partie de notre "merveilleuse" tenue d’uniforme : tee-shirt au logo de la société, jupe courte même en hiver quand on a froid. Nous sommes réduites au rang d’objets publicitaires interchangeables. L’hygiène, c’est le prétexte de la casquette. Mais nos supérieurs ne la portent pas, eux, qui prennent un malin plaisir à nous y obliger. En Auvergne, dans notre chaîne, les salariés l’ont mise à la poubelle (sans problème pour l’hygiène !), pourquoi ne pas faire pareil en Midi-Pyrénées ? Ici, nous avons déjà fait reculer les gérants sur les heures supplémentaires, nous pouvons bien les faire reculer sur cette tenue humiliante. Alors, les collègues, on essaye ?

Myriam.


Fraternel salut !

Dimanche 14 décembre, à 16 h, devant le métro Jean Jaurès de Toulouse, un rassemblement était organisé en solidarité avec les révoltés de Grèce et d’ailleurs, par les "anarchistes solidaires" et la CNT-AIT.

Un dispositif policier important avait déjà pris position (une centaine de policiers, gendarmes mobiles et civils en tous genres amassés dans une dizaines de cars). Dès les premières personnes arrivées et à peine trois banderoles hissées, la police a voulu procéder à des contrôles d’identité forcés : jets violents au sol de manifestants ou de passants, matraquages, gazages féroces et coups reçus en retour du refus légitime de ces contrôles. Une passante a dû être admise aux urgences à cause des gaz lacrymogènes reçus à 20 centimètres de son visage.

Face à cette attitude aussi agressive qu’injustifiée, la population de Toulouse, nombreuse ce jour-là pour cause de courses de fin d’année, s’est montrée spontanément solidaire en restant témoin et en réclamant la liberté d’expression. Par sa présence au nez et à la barbe des exactions policières, elle a permis au rassemblement de se tenir tel qu’il était prévu. Grâce à ce soutien, la police a reculé. Un cortège s’est ensuite organisé et a pu se déplacer jusqu’au marché de Noël. Le parcours a été riche d’échanges avec les gens.

Comme l’illustre cet évènement, l’État français montre sa complicité avec les meurtriers d’Alexis, ce lycéen lâchement abattu, et cherche à empêcher toute expression de solidarité, en déployant la panoplie de tout ses outils : police, vidéo surveillance, et médias...

Pour réaffirmer notre volonté de continuer à lutter, un appel était lancé pour le samedi suivant.

SAMEDI 20 DECEMBRE : JOURNEE INTERNATIONALE DE SOLIDARITE AVEC LES INSURGES GRECS

Le 20 décembre était la journée internationale de solidarité avec les insurgés grecs.

Comme le dimanche 14, au même endroit et à l’appel des mêmes, une centaine de personnes s’est réunie pour se solidariser avec la population grecque révoltée et contre les assassins d’Etat. Un tract, reprenant des extraits de la déclaration de l’assemblée générale des travailleurs insurgés d’Athènes qui occupaient le bâtiment de la GSEE (CGT Grecque) a été distribué (voir page précédente). Sous la surveillance très attentive d’un dispositif policier nombreux (mais très discret après les bavures du dimanche précédent), comprenant des policiers des Renseignements généraux (police politique) et des Officiers de police judiciaire (pour procéder aux arrestations si besoin est) ayant sous leurs ordres une compagnie de CRS (police anti-émeute) en tenue d’intervention. Ce rassemblement s’est déroulé sans incident.

Puis, en accord préalable avec eux, nous avons été rejoints par près de deux cent chômeurs, précaires et travailleurs intermittents du spectacle, initialement rassemblés devant un théâtre. Le texte de la déclaration des Travailleurs insurgés d’Athènes, qui dénonce les manipulation des bureaucrates syndicaux, a été du plus bel effet chez les "syndicalistes" qui encadraient la manif des intermittents... mais ils n’ont pas pu empêcher les deux cortèges de se réunir comme prévu, et de partir en manifestation dynamique. Dans le cortége on entendait "Pouvoir assassin", "Toulouse Athénes, même combat", "Liberté - Solidarité" tout autant que les revendications des intermittents.

Arrivés derrière la mairie les chômeurs, précaires et intermittents en lutte ont bloqué toute l’après-midi les entrées du magasin Virgin Megastore, le directeur national de Virgin étant le président actuel de l’Unedic (caisse de chômage). Nous sommes restés avec eux une bonne heure en solidarité, avant de repartir en manifestation dans la rue principale, jusque sous les fenêtres du consulat d’Italie ou un compagnon anarchosyndicaliste à pris la parole [35]].

Au même moment, un autre rassemblement s’est tenu à Montauban à l’appel de la CNT-AIT, où plusieurs centaines de tracts ont été distribué pour informer la population et affirmer la solidarité des participants avec les insurgés grecs. Bien que les médias le passent sous silence, des manifestations de solidarité ont aussi eu lieu dans les principales villes d’Europe, mais aussi d’Amérique et d’Australie.

important

Contacts

Vous trouverez sur le site de la CNT-AIT de Toulouse toute l’information sur notre actualité et des ressources pour l’action téléchargeable en pdf à lire, reproduire et diffuser sans modération (tracts, derniers n° du Combat Syndicaliste, brochures ...). Si vous voulez débattre en ligne avec des militants de la CNT-AIT il existe un forum sur le site du syndicat de Caen, une lettre d’information et un mail de contact sur celui de l’interco Paris-Nord.

Rappel : La CNT-AIT de Toulouse ne répond pas aux sollicitations des journalistes, elle ne s’adresse à la presse que par voie de communiqué.

Nous mettons à votre disposition un mail de contact pour les personnes ne pouvant se rendre à nos permanences ou pour recevoir quelques exemplaires de notres journal : contact(chez)cntaittoulouse.lautre.net (remplacez chez par l’arobase @).

Nous préférons en effet vous rencontrer en chair et en os !

-  Permanence publique au siège du syndicat tous les samedis de 17h à 19h au :

7 rue saint Rémésy (parallèle à la rue pharaon) 31 000 Toulouse Tél/fax/répondeur : 05 61 52 86 48

-  Table de presse au Marché aux puces de Saint Sernin tous les dimanches à partir de 10h30.

-  Table de presse à l’entrée de l’Université du Mirail de 12h30 à 13h30 le Mardi

-  Dans les Quartiers : tables de presse régulières et en particulier au Mirail consulter la rubrique agenda pour connaitre la date, l’heure et le lieu de la prochaine table de presse.

Dans la région :

-  à Montauban tous les samedis à 10h30 sur le Marché Prax-Paris

-  régulièrement dans d’autres communes du Tarn et Garonne, Lot ... (consulter la rubrique agenda pour connaitre la date, l’heure et le lieu de la prochaine table de presse)