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	<title>CNT AIT TOULOUSE ANARCHOSYNDICALISME !</title>
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		<title>CNT AIT TOULOUSE ANARCHOSYNDICALISME !</title>
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		<title>ENTREPRISE NATAIS LE FEUILLETON NE FAIT QUE COMMENCER</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>Le 1er f&#233;vrier 2011, pour la premi&#232;re fois de l'histoire de Nata&#239;s, un noyau d'ouvriers auto-organis&#233;s se met en gr&#232;ve. Le 4, la gr&#232;ve est finie. C'est une victoire. Deux conditions l'expliquent. La premi&#232;re c'est la pr&#233;paration, c'est-&#224;-dire les d&#233;bats, les &#233;changes, men&#233;s longuement et discr&#232;tement entre ouvriers, loin des &#171; &#8200;grandes oreilles&#8200; &#187; patronales ou syndicales. La premi&#232;re condition en effet, c'est de faire &#233;merger la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1er f&#233;vrier 2011, pour la premi&#232;re fois de l'histoire de Nata&#239;s, un noyau d'ouvriers auto-organis&#233;s se met en gr&#232;ve. Le 4, la gr&#232;ve est finie. C'est une victoire. Deux conditions l'expliquent. La premi&#232;re c'est la pr&#233;paration, c'est-&#224;-dire les d&#233;bats, les &#233;changes, men&#233;s longuement et discr&#232;tement entre ouvriers, loin des &#171; &#8200;grandes oreilles&#8200; &#187; patronales ou syndicales. La premi&#232;re condition en effet, c'est de faire &#233;merger la conscience ouvri&#232;re n&#233;cessaire &#224; l'action.&#8200;C'est ce que le premier tract r&#233;sumait d'une phrase : &#171; Ils ne sont grands que parce que nous sommes &#224; genoux&#8200; &#187;. La deuxi&#232;me condition, c'est la marginalisation permanente des syndicats institutionnels. C'est le refus de leur laisser la moindre parcelle de pouvoir. C'est l'assembl&#233;e des gr&#233;vistes qui d&#233;cide, et elle seulement. C'est &#231;a, le v&#233;ritable syndicalisme ! &#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; Nata&#239;s peut se passer partout&#8200; &#187; &#233;crivions-nous alors dans &#171; &#8200;Anarchosyndicalisme&#8200; !&#8200; &#187;..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et, comme cela peut se passer partout, l'urgence, pour le patronat et ses complices, c'est d'abattre tout &#231;a. Au d&#233;ploiement de forces r&#233;pressives lors de la gr&#232;ve succ&#232;de maintenant une vague de licenciements&#8230; mais les petits grains de sable n'ont pas l'intention de se laisser balayer comme &#231;a. C'est donc un long feuilleton qui entre dans un deuxi&#232;me &#233;pisode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; de l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Au milieu des bois, des champs, et des vignes, dans le paysage paisible et vallonn&#233; du Gers, l'entreprise Nata&#239;s est le leader europ&#233;en du pop-corn. &#199;a n'a l'air de rien cette chose l&#224;, mais &#231;a p&#232;se quelques 25 millions d'euros (chiffre d'affaire). Et &#231;a d&#233;gage de juteux b&#233;n&#233;fices et de gros salaires&#8230; enfin, pas pour tout le monde : les travailleurs de la production (ceux de la cha&#238;ne, du conditionnement, du transport) sont au r&#233;gime &#171; sp&#233;cial ceinture &#187; ! Et faut voir leurs conditions de travail ! Une ouvri&#232;re raconte : &#171; Il me fallait soulever des sacs de 25 Kg &#224; hauteur de t&#234;te pour les vider dans une machine. Chaque jour, je portais comme &#231;a, &#224; bout de bras, 1,2 tonnes d'ingr&#233;dients&#8200; &#187;. Ereintant. Sans compter les trois huit (= le travail de nuit), &#171; l'oubli &#187; des poses, l'annualisation et ses horaires variables &#233;puisants (un &#171; acquis &#187; de la CGT !), l'&#233;quipement aussi indispensable (contre les produits irritants) qu'insupportable (en particulier l'&#233;t&#233;, quand les plaines gersoises approchent des 40&#176;)&#8230; sans compter aussi la pr&#233;carit&#233; organis&#233;e&#8200; : pas moins de 350 pr&#233;caires se sont succ&#233;d&#233;s en quelques mois sur la trentaine de postes de la production ! Bref, selon le patron &#171; une entreprise mod&#232;le et humaniste &#187; - &#231;a co&#251;te rien de le dire. Mais, c'est contre cette conception toute sp&#233;ciale de l'&#171; &#8200;humanisme &#187; qu'a &#233;t&#233; men&#233;e la gr&#232;ve de f&#233;vrier dernier. Une des revendications essentielles &#233;tait le &#171; 13&#232;me mois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les n&#233;gociations ont &#233;t&#233; rudes sur ce fameux 13&#232;me mois. Pourtant (nous l'avons appris par la suite) il &#233;tait de plein droit. Si nous ne le savions pas, d'autres le savaient. Et voici pourquoi&#8200; : la Convention collective nationale qui s'applique &#224; Nata&#239;s est celle des &#171; biscotteries, biscuiteries, c&#233;r&#233;ales pr&#234;tes &#224; consommer ou &#224; pr&#233;parer&#8230; &#187; qui pr&#233;voit bel et bien un 13&#232;me mois syst&#233;matique pour les ouvriers (pas pour les cadres). Oui mais voila, le patron refuse d'appliquer cette Convention et s'obstine &#224; se consid&#233;rer &#171; &#8200;hors champs&#8200; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, il y a une d&#233;cision de justice. Plus exactement deux. La premi&#232;re, c'est celle de la Cour d'appel d'Agen, saisie par un salari&#233; qui avait perdu devant les prud'hommes locaux (comme c'est curieux&#8230;). La dite Cour d'appel, apr&#232;s avoir &#171; Infirm&#233; le jugement [des prud'hommes] en toutes ses dispositions &#187; (ce qui est une grosse claque), a constat&#233; que la convention &#171; biscotterie &#187; englobe bel et bien &#171; &#8230; la fabrication de c&#233;r&#233;ales souffl&#233;es, grill&#233;es ou autrement transform&#233;es &#187;, sp&#233;cialit&#233; de Nata&#239;s, et donc qu'elle s'applique &#224; cette entreprise. Pas content, le patron est all&#233; en Cassation, la plus haute juridiction fran&#231;aise. Pas de chance, la Cour de Cassation a confirm&#233; cette &#233;vidence : &#171; &#8230; la cour d'appel [d'Agen]&#8230; a exactement d&#233;duit que la convention collective lui &#233;tait applicable &#187;. On ne peut pas &#234;tre plus clair. Ces deux d&#233;cisions de justice ne sont pas toutes fra&#238;ches.&#8200;La premi&#232;re remonte au 16 juillet 2008, la confirmation en Cassation au 20 janvier 2010. Autrement dit, quand, au cours de la gr&#232;ve de f&#233;vrier 2011 le patron refusait de l&#226;cher le 13&#232;me mois, il savait qu'il bafouait une d&#233;cision de justice. &#171; Nata&#239;s, entreprise citoyenne &#187;, qu'on vous dit&#8230; Quand &#224; la CGT rappelons que, sur le plan national, elle dispose de tout une armada juridique (avocats, juristes sp&#233;cialis&#233;s, permanents, revues, centre de documentation) qui &#233;pluche particuli&#232;rement les d&#233;cisions de la Cour de Cassation qui font jurisprudence. Alors, comment la CGT a-t-elle fait pour ne rien savoir ? Curieux, vous trouvez pas&#8200; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et l'Inspection du travail, pr&#233;sente pendant toute la gr&#232;ve, c'est pas son &#171; travail &#187; justement, de savoir ces choses-l&#224;&#8200; ? Il faut, &#224; l'inverse, que ce soit une ouvri&#232;re &#171; de base&#8200; &#187; qui d&#233;niche les textes&#8200; ! C'est normal, &#231;a&#8200; ? Et il faut que ce soit la CNT-AIT qui dise que &#171; oui &#187;, bien &#233;videmment, c'est cette Convention et pas une autre qui s'applique&#8200; ? Et c'est normal que, deux ans apr&#232;s (c'est-&#224;-dire aujourd'hui encore), l'arr&#234;t de la Cour de Cassation, cens&#233; s'imposer dans &#171; toute la R&#233;publique &#187;, ne soit que du vent dans le Gers ? Il n'y a donc aucune autorit&#233; dans tout ce d&#233;partement pour faire appliquer une d&#233;cision de la plus haute juridiction ? Mais que fait la police, ma pauvre dame ? Sans compter que, si cette Convention a des incidences directes sur les salaires, elle en a d'indirectes sur les cotisations sociales. C'est curieux que les organismes qui devraient encaisser ces cotisations ne se manifestent pas&#8230; ils ont trop d'argent ou quoi&#8200; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une machine &#224; licencier en rafale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Depuis la gr&#232;ve, nous avons compt&#233; pas moins de huit licenciements et une sanction disciplinaire, soit presque un acte de r&#233;pression par mois. Comme par hasard, les ex-gr&#233;vistes sont particuli&#232;rement vis&#233;s. A ce rythme, il est &#233;videmment difficile pour le meilleur des DRH de renouveler son style. Une fois fini le bon vieux stock des &#171; mauvaises relations &#187;, &#171; situation conflictuelle avec l'employeur &#187;, &#171; contestation de l'autorit&#233; du sup&#233;rieur hi&#233;rarchique &#187;, &#171; comportement irrespectueux &#187; et autre &#171; d&#233;sengagement &#187;, il doit se creuser la cervelle pour trouver du nouveau. Mais c'est parfois une perle qu'il trouve.&#8200;Exemple&#8200; : &#171; avoir livr&#233; des informations &#224; la m&#233;decine du travail&#8200; &#187;. Ah, bon, il y a des informations qu'il faut cacher &#224; la m&#233;decine du travail ? Ceci dit, on se perd en conjectures pour savoir quel pr&#233;cieux secrets un salari&#233; du pop-corn a pu &#171; livrer &#187; &#224; sa m&#233;decine du travail, on se perd encore plus pour savoir comment le patron a pu prendre connaissance d'un tel crime puisque tout ce qui est dit &#224; la m&#233;decine du travail est &#8211;en principe- couvert par le secret m&#233;dical le plus absolu. Avec de tels &#171; motifs &#187;, la contestation du caract&#232;re &#171; &#8200;r&#233;el et s&#233;rieux &#187; des licenciements en s&#233;rie s'annonce plut&#244;t distrayante. Monsieur Nata&#239;s pourra toujours forcer le trait en soulignant que telle hi&#233;rarque avait &#233;t&#233; trait&#233;e de &#171; grosse&#8200; &#187; et d'&#171; incomp&#233;tente &#187; par un salari&#233;. Juridiquement parlant, c'est du pipi de chat (ainsi en a d&#233;cid&#233; le tribunal dans le cas de la grosse incomp&#233;tente) et &#231;a ne fera qu'ajouter du croustillant au spectacle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but d'une lutte prolong&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Dans cette ambiance de franche &#171; citoyennet&#233; &#187;, nous avons appris qu'un forum s'&#233;tait ouvert d&#233;but d&#233;cembre avec un seul objectif : permettre &#224; tous les salari&#233;s de Nata&#239;s de lib&#233;rer la parole. Manifestement, au vu des messages qui s'y accumulent de jour en jour, c'&#233;tait une n&#233;cessit&#233;. Il se dit de plus que les visiteurs se comptent par milliers. M&#234;me Monsieur Nata&#239;s la consult&#233;. D'o&#249; une lettre, diffus&#233;e &#224; tout le monde, mena&#231;ant de poursuites judiciaires les travailleurs qui ont exprim&#233;, avec leurs mots simples et directs, ce qu'ils pensaient. Pas de quoi fouetter un chat pour autant. Allez donc sur &#171; &#8200;collectifnatais.space-forums.com &#187; vous faire une id&#233;e par vous-m&#234;me. Ces &#171; plaintes en diffamation &#187; ou ces menaces de plaintes, sont des pratiques patronales aussi habituelles qu'abusives. Dans notre exp&#233;rience, que nous donnons ici aux salari&#233;s qui pourraient se sentir intimid&#233;s, soit elles ont fait &#171; &#8200;pschitt &#187;, soit elles se sont retourn&#233;es contre l'employeur (genre arroseur &#8211; arros&#233;). C'est pourquoi on a h&#226;te de voir Monsieur Nata&#239;s demander &#224; la Cour d'Appel d'Agen, dont il refuse avec obstination depuis 4 ans d'appliquer &#224; tous les salari&#233;s les cons&#233;quences de l'arr&#234;t, de condamner ces salari&#233;s qui n'ont ouvert un blog que justement parce qu'il refuse d'appliquer la d&#233;cision de la dite Cour&#8200; !. &#199;a va &#234;tre un grand moment de bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Un autre bon moment, &#231;a &#233;t&#233; le c&#233;l&#232;bre &#171; &#8200;Repas of No&#235;l&#8200; &#187;, organis&#233; par le CE (CGT et CGC) avec, parmi les invit&#233;s, toute la direction (la mano en la mano). Entre la poire et le fromage (ou plut&#244;t entre l'entr&#233;e et le plat de r&#233;sistance), de joyeux P&#232;res et M&#232;res No&#235;l sont venus apporter un cadeau original&#8200; : un tract explicatif de la situation. Preuve que ce cadeau a &#233;t&#233; particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233;&#8200; : certains &#171; chefs &#187; ont voulu en avoir plusieurs rien que pour eux et les ont arrach&#233; des mains de divers convives. Dans la folle ambiance de ce r&#233;veillon anticip&#233;, certains r&#233;veillonneurs, un peu grincheux, se sont permis de demander &#224; la CGT si elle avait pr&#233;vu au moins un &#171; panier &#187; pour les licenci&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Apr&#232;s le surprise de No&#235;l, surprise &#233;galement &#224; la &#171; grande &#187; manif d'Auch du mardi 13 d&#233;cembre. Quelques militants de &#171; base &#187; de la CGT, qui s'&#233;taient montr&#233;s solidaires lors de la gr&#232;ve, ont d&#233;couvert, tout de cul, qu'il y avait une vague de licenciements chez Nata&#239;s (&#171; on &#187; avait oubli&#233; de les en informer) mais aussi une Convention collective (&#171; on &#187; leur avait rien dit non plus). D'o&#249; leur question : &#171; Mais que fait le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, que fait l'UD32 ? &#187;. On se le demande en effet (m&#234;me si nous avons notre petite id&#233;e). Dans les jours suivants, sur les march&#233;s &#171; de gras &#187; du Gers, c'&#233;tait le tour aux &#233;quipes de la CNT-AIT de distribuer force tracts&#8230; et de rencontrer force ex-pr&#233;caires de Nata&#239;s (&#224; croire que tous les cr&#232;ve-la-mis&#232;re du d&#233;partement y sont pass&#233;s un jour)&#8230; qui appr&#233;ciaient que quelque chose se fasse enfin ! Du coup la CGT qui avait profit&#233; des NAO (n&#233;gociations annuelles) pour revendiquer un 13&#232;me mois pour les cadres (accord&#233; par la direction sans autre forme de proc&#232;s semble-t-il) se voyait contrainte de sortir de sa longue l&#233;thargie. Une affichette annon&#231;ait au bas peuple la bonne nouvelle : des &#171; d&#233;marches sont en cours avec l'inspection du travail pour l'application de la convention &#187; &#8230; convention dont la CGT niait jusqu'&#224; la veille qu'elle concern&#226;t Nata&#239;s. &#199;a en a fait hurler de rire un paquet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne ratez pas nos prochains &#233;pisodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le programme de certains &#233;pisodes est d&#233;j&#224; connu. Ainsi, des passages aux prud'hommes (avec l'angoissante question qui taraude l'&#233;lite d&#233;partementale : &#171; Le Gers est-il soumis &#224; la jurisprudence de la Cour de Cassation ou est-il une r&#233;publique banani&#232;re ind&#233;pendante&#8200; ? &#187;) sont pr&#233;vus pour le 15 f&#233;vrier et le 7 mars (s&#233;ances publiques et gratuites). Mais il n'est pas exclu que d'ici notre prochain num&#233;ro il y ait quelque coup de th&#233;&#226;tre. Normal, le coup de th&#233;&#226;tre, c'est le ressort de tout bon feuilleton.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rocambole&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>2012 les promesses n'engagent que ceux qui y croient...</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>Introduction Au soir du 6 mai 2007, Sarkozy fut &#233;lu sixi&#232;me pr&#233;sident de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. Il avait su, au cours de sa campagne, user de la flatterie et promettre monts et merveilles tout en appliquant le stratag&#232;me &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;. Sarkozy s'&#233;tait aussi permis un glissement id&#233;ologique sans complexe car &#224; cette &#233;poque la moiti&#233; du programme du Front national &#233;tait d&#233;j&#224; mis en application gr&#226;ce au vote de diverses lois, mais aussi pour mettre &#224; terre le Front (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Au soir du 6 mai 2007, Sarkozy fut &#233;lu sixi&#232;me pr&#233;sident de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. Il avait su, au cours de sa campagne, user de la flatterie et promettre monts et merveilles tout en appliquant le stratag&#232;me &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;. Sarkozy s'&#233;tait aussi permis un glissement id&#233;ologique sans complexe car &#224; cette &#233;poque la moiti&#233; du programme du Front national &#233;tait d&#233;j&#224; mis en application gr&#226;ce au vote de diverses lois, mais aussi pour mettre &#224; terre le Front national, r&#233;cup&#233;rer son &#233;lectorat et maintenir l'h&#233;g&#233;monie de l'UMP &#224; droite. La soir&#233;e &#233;lectorale de 2007 fut peu ordinaire. Des &#233;chauffour&#233;es sporadiques eurent lieu, les partis politiques et les m&#233;dias les avaient &#224; l'unisson minor&#233;es et condamn&#233;es. Cinq ann&#233;es se sont pratiquement &#233;coul&#233;es et le bilan de Sarkozy n'est gu&#232;re satisfaisant. Le petit prince et ses conseillers n'avaient pas pr&#233;vu que le capitalisme allait prendre en 2008 une tournure nous renvoyant &#224; la crise de 1929 et &#224; la Grande d&#233;pression dont nous connaissons l'issue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;conomie fran&#231;aise : quelques indicateurs de sa situation actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La bataille des indicateurs fait rage. M&#234;me si ceux-ci peuvent varier, ils d&#233;montrent que l'&#233;conomie fran&#231;aise continue &#224; se d&#233;grader, avec une acc&#233;l&#233;ration sous le quinquennat de Sarkozy. En effet, le solde de la balance commerciale (&#233;change de biens) &#233;tait de moins 51 milliards d'euros pour l'ann&#233;e 2010 et de moins 70 &#224; moins 75 milliards d'euros pour 2011 selon Pierre Lellouche (secr&#233;taire d'&#201;tat au commerce ext&#233;rieur). Les parts de march&#233; sont pass&#233;es en 2010 de 6,3&#8200;% &#224; 3,4&#8200;%, le volume de production a baiss&#233; vu qu'il y a davantage d'importations que d'exportations. Parall&#232;lement, la d&#233;sindustrialisation se poursuit inexorablement. 335&#8200;000 emplois supprim&#233;s entre le premier trimestre 2007 et le deuxi&#232;me trimestre 2011. Ils ont &#233;t&#233; &#224; peine remplac&#233;s par 311&#8200;000 emplois cr&#233;es dans le secteur tertiaire. Les quelques 8&#8200;200 postes nouveaux pour le premier trimestre 2011 ne vont certainement pas inverser la tendance. L'&#233;croulement de l'industrie peut s'expliquer par cette combinaison de ph&#233;nom&#232;nes : manque de comp&#233;titivit&#233; &#8594; d&#233;localisation &#8594; internationalisation du capital &#8594; investissement des multinationales dans des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Au d&#233;but de son mandat, Sarkozy s'&#233;tait vant&#233; d'avoir fait reculer le ch&#244;mage avec un million de ch&#244;meurs en moins. Cela &#233;tait facile en radiant &#224; tour de bras, sans oublier la fusion ANPE-ASSEDIC et la sous-traitance des dossiers aupr&#232;s d'agences priv&#233;es, l'impact d&#233;mographique. Pour l'ann&#233;e 2010, le Bureau international du travail (BIT) d&#233;nombrait en France 4 874 000 ch&#244;meurs, 2011 ne sera gu&#232;re meilleur, sinon pire. Le ch&#244;mage de longue dur&#233;e touchait pr&#232;s de 40 % des ch&#244;meurs au dernier trimestre 2010, la moiti&#233; d'entre eux n'&#233;tant pas indemnis&#233;s. Les ouvriers et les employ&#233;s sont les plus touch&#233;s par les vagues de licenciements. Quant aux emplois aid&#233;s, leur nombre a &#233;t&#233; divis&#233; par deux en dix ans, il est descendu sous la barre symbolique du million en 2010. Comme tout bonne entreprise, l'&#201;tat d&#233;graisse. Pour 2010 et 2011, les effectifs de l'&#201;tat ont diminu&#233; respectivement de 33 789 et de 31 538 postes de fonctionnaires avec l'application de la loi de finances. D'autre part, cet agent &#233;conomique est confront&#233; &#224; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ un d&#233;ficit consid&#233;rable (avec une baisse tr&#232;s nette des rentr&#233;es) ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ une dette publique qui est pass&#233;e de 1 318 &#224; 1 591 milliards d'euros entre 2008 et 2010, soit 82,3&#8200;% du produit int&#233;rieur brut (PIB) - sans compter les int&#233;r&#234;ts &#224; la cl&#233; de cette m&#234;me dette publique qui sont estim&#233;s &#224; 2,5 % pour l'ann&#233;e 2011 ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3/ un endettement des entreprises priv&#233;es qu'il doit soutenir pour pallier le manque de financement par le d&#233;ficit d'&#233;pargne (moins 44,7 milliards de dollars en 2010), ce qui veut dire que l'&#233;conomie capitaliste est sous perfusion de l'argent public et de l'emprunt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Ces indicateurs nous r&#233;v&#232;lent que l'&#233;conomie fran&#231;aise est prise dans ce cercle vicieux : faiblesse de la croissance &#8594; poids de l'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; &#8594; fragilit&#233; du syst&#232;me bancaire &#8594; insuffisance des marges brutes d'autofinancements des entreprises (ou accumulation de capital). Cependant, les hauts revenus se portent plut&#244;t bien (ils ont litt&#233;ralement explos&#233;), alors que huit millions de personnes vivent avec moins de 950 euros par mois. Cela ne risque gu&#232;re de s'am&#233;liorer avec la menace de faillite g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; laquelle il faut ajouter tous les nombreux probl&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques et &#233;cologiques. Un plan d'aust&#233;rit&#233; est donc in&#233;vitable pour les &#233;conomistes et les politiciens qui &#233;talent leurs d&#233;saccords sur son importance. Il pourrait bien &#234;tre l'enjeu majeur des &#233;lections de 2012.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un arsenal juridique qui se met en place &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	L'actualit&#233; rappelle chaque jour &#224; ces tartuffes de privil&#233;gi&#233;s que leur pouvoir n'est pas &#233;ternel. Rien que pour l'ann&#233;e 2010, ils ont adopt&#233; quatre lois sc&#233;l&#233;rates :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ Mars 2010, loi renfor&#231;ant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes charg&#233;es d'une mission de service public ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ Mars 2010, loi tendant &#224; amoindrir le risque de r&#233;cidive criminelle et portant diverses dispositions de proc&#233;dure p&#233;nale ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3/ Mars 2010, loi sur l'immigration, l'int&#233;gration et la nationalit&#233; (et &#233;viter ainsi de d&#233;stabiliser leur syst&#232;me) ; 4/ D&#233;cembre 2010, LOPPSI 2, loi d'orientation et de programmation pour la performance de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure. Toutes ces lois s&#233;curitaires ont pour but de dresser, de formater et de r&#233;primer. L'&#201;tat est le protecteur des classes privil&#233;gi&#233;es et doit veiller &#224; ce que la pyramide sociale ne s'effondre pas comme un ch&#226;teau de cartes. Le pouvoir l&#233;gislatif utilise donc les lois pour r&#233;pondre aux ph&#233;nom&#232;nes sociaux sous couvert de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. L'erreur serait de sous-estimer l'intelligence des gouvernants qui savent que prendre le pouvoir revient &#233;galement &#224; le conserver par tous les moyens suivant cette maxime &#171; la fin justifie les moyens &#187;. Il est indispensable pour y parvenir de renforcer l'emprise de l'&#201;tat et c'est l&#224; que les m&#233;dias - appareil id&#233;ologique d'&#201;tat- remplissent justement &#224; merveille leur fonction qui est de fa&#231;onner &#171; l'opinion publique &#187; par la communication (pour ne pas oser dire propagande), en jouant sur l'affectivit&#233; avec des mots passe-partout, le flot des images, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recomposition politique du paysage fran&#231;ais se poursuit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les &#233;lections de 2012 seront-elles deux &#233;tapes suppl&#233;mentaires dans la recomposition politique du paysage fran&#231;ais qui est tr&#232;s &#233;clat&#233; ? Les scissions se multiplient et les grands partis politiques ne peuvent escompter remporter la victoire sans conclure au pr&#233;alable des alliances qui se font et se d&#233;font au gr&#233; des circonstances. En tous cas, l'&#233;volution de la crise risque de peser tr&#232;s lourd dans ces alliances de classes et notamment celles qui concernent la classe moyenne qui se paup&#233;rise et p&#233;riclite ; chose qui s'est d&#233;j&#224; produite historiquement &#224; plusieurs reprises. Cette classe moyenne (concept relativement assez large, ne se limitant pas qu'&#224; la seule petite bourgeoisie) est en quelque sorte l'alpha et l'om&#233;ga de cette soci&#233;t&#233; contemporaine. Elle a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent garante du statu quo et son d&#233;veloppement a supplant&#233; la classe ouvri&#232;re encadr&#233;e par le Parti communiste fran&#231;ais (PCF). L'Histoire n'est pas &#233;crite par avance mais elle enseigne que les d&#233;class&#233;s de la classe moyenne peuvent aller vers le soutien ou le rejet du capitalisme. Un compromis historique associant certains partis politiques y compris le Front national est-il possible en France comme c'est actuellement le cas en Gr&#232;ce pour endiguer la col&#232;re de la rue ? Il est trop t&#244;t encore pour se prononcer d&#233;finitivement sur cette question. Mais une chose est s&#251;re, le parlementarisme est absolument compatible avec l'instauration d'une dictature, comme cela fut possible en Allemagne avec la nomination de Hitler au poste de chancelier le 30 janvier 1933 par le pr&#233;sident Hindenburg. Les pleins pouvoirs lui furent donn&#233;s par le Reichstag le 23 mars 1933, de m&#234;me que les pleins pouvoir furent attribu&#233;s en France au mar&#233;chal P&#233;tain le 10 juillet 1940 par l'Assembl&#233;e nationale. Cela dit, on oublie trop souvent que le coup d'&#201;tat est une pratique courante en France. Les plus significatifs furent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ les Montagnards &#233;liminant les Girondins de la Convention nationale avec l'appui de trente et une sections de Sans-culottes le 2 juin 1793 ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ le g&#233;n&#233;ral Bonaparte supprimant le Directoire le 9 novembre 1799 (connu sous le nom du coup d'&#201;tat du 18 brumaire) ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3/ Louis-Napol&#233;on Bonaparte mettant fin &#224; la Deuxi&#232;me R&#233;publique le 2 d&#233;cembre 1852 ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4/ le groupe des Sept (comit&#233; secret dirig&#233; par Pierre Lagaillarde) et les pieds-noirs passant &#224; l'insurrection le 13 mai 1958 &#224; Alger. A propos des &#233;v&#233;nements d'Alger, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle su &#234;tre l'homme providentiel. Il instaura un gouvernement provisoire et fit adopter par voie r&#233;f&#233;rendaire la constitution de la Cinqui&#232;me R&#233;publique le 28 septembre 1958. Constitution qui r&#233;duit le l&#233;gislatif (le pouvoir du parlement) et renforce l'ex&#233;cutif (r&#244;le du pr&#233;sident de la r&#233;publique et du gouvernement), d'ailleurs un certain Fran&#231;ois Mitterrand d&#233;noncera &#171; le coup d'&#201;tat permanent &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Si la crise devait s'aggraver et menacer, nul doute que le nouvel homme providentiel en appellera &#224; l'acceptation du plan d'aust&#233;rit&#233;, &#224; l'unit&#233; de la nation et au respect de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle, s'il le faut en recourant &#224; l'article 16 de la Constitution qui permet la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale et donne les pleins pouvoirs &#224; la plus haute autorit&#233; de l'&#201;tat, ainsi qu'aux ordonnances de 1959 qui programment une militarisation de la soci&#233;t&#233;. De m&#234;me, la focalisation sur le Front national et la pr&#233;tendue &#171; menace fasciste &#187; entretenue par tout un folklore contestataire soutenu par la gauche tend &#224; brouiller cette compr&#233;hension historique. Elle &#233;vite la critique d'un autre totalitarisme qui est celui du capitalisme arriv&#233; au plus haut point de sa puissance : l'ali&#233;nation de la totalit&#233; de l'existence humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant ce temps l&#224;, les affaires s'encha&#238;nent ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pendant son mandat, Nicolas Sarkozy se sera octroy&#233; une hausse de 175 % sur sa fiche de paye (19 331 euros par mois). Rien de tr&#232;s surprenant sur le fond car il ne faisait par ce geste qu'illustrer au grand jour cette pratique courante chez les &#233;lus - peu importe d'ailleurs qu'ils soient de droite ou de gauche - et autres dirigeant des partis politiques ou responsables syndicaux. Les &#233;lus ne sont pas l&#224; pour servir &#171; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;. Ils se rattachent &#224; la technostructure et ils monnaient ch&#232;rement leur pr&#233;sence avec l'oligarchie (ce qui est parfaitement contraire &#224; la notion de r&#233;publique et de souverainet&#233; du peuple). Une corruption end&#233;mique s&#233;vit : malversations, subventions, emplois prot&#233;g&#233;s, r&#232;glements de compte et autres scandales compromettant des politiciens avec les hommes de la finance et de l'industrie. N'oublions pas les agapes mondaines comparables &#224; celles de la Cour du Roi Soleil par le niveau de d&#233;pravation consacrant cette morale de profiteurs, illustr&#233;es r&#233;cemment par les frasques de Dominique Strauss-Kahn et la grande saga de l'&#233;t&#233; 2010 et son &#233;pilogue qui se fait toujours attendre, les magouilles de Liliane Bettencourt et de Eric Woerth (ex-ministre du budget du gouvernement Fillon). Quant &#224; la gauche, elle s'en serait volontiers pass&#233; car Fran&#231;ois Mitterrand fut un grand ami de la famille Bettencourt et eut une dr&#244;le de jeunesse &#171; ligueuse &#187;. La gauche qui veut se parer du manteaux de la vertu pour les &#233;lections de 2012 et ce qui est loin d'&#234;tre le cas avec :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ Arnaud Montebourg et son rapport sur les pratiques de Gu&#233;rini (ami de Gaston Defferre) ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ Bernard Tapie symbolisant le renversement de toutes les valeurs de gauche, encaissant ses indemnit&#233;s mirobolantes de 45 millions d'euros accord&#233;es par une ex-ministre de l'&#233;conomie qui est maintenant la rempla&#231;ante de DSK au FMI ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3/ Super menteur alias Jacques Chirac port&#233; au pinacle par la gauche contre Le Pen en 2002... il est d&#233;sormais atteint de pertes de m&#233;moire au sujet des emplois fictifs de la ville de Paris. La liste serait longue et m&#234;me interminable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;vident que les mensonges de cette classe de fripons et de sc&#233;l&#233;rats n'est plus &#224; d&#233;monter mais leur ruse &#224; confondre la v&#233;rit&#233; et le mensonge est r&#233;elle : c'est ce qu'on appelle le sophisme permanent. Cela peut durer longtemps car le spectacle dans la soci&#233;t&#233; correspond &#224; la fabrication concr&#232;te de l'ali&#233;nation. Quelles seront les prochaines vedettes des joutes oratoires des &#233;lections de 2012 pour &#233;viter que les vrais probl&#232;mes ne soient pos&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organiser le camp de la r&#233;sistance populaire autonome&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Voter aux &#233;lections de 2012 sera donner son aval &#224; un syst&#232;me corrompu et &#224; la politique d'aust&#233;rit&#233; avec la b&#233;n&#233;diction des syndicats qui continueront &#224; organiser le spectacle et celle des hi&#233;rarques qui jouiront de leurs pr&#233;bendes. R&#233;futer cet argument est tout simplement se mentir et croire &#233;galement que la pression du vote pourrait arr&#234;ter ou limiter la paup&#233;risation. Le vote anti-Front national servira de caution aux attaques du prochain gouvernement par ce chantage &#171; C'est nous ou le Front national &#187;. On ne peut continuer &#233;ternellement &#224; se voiler la face. Mais nous ne saurions &#234;tre ang&#233;lique avec l'abstentionnisme car ce ph&#233;nom&#232;ne est, &#224; l'analyse, assez complexe et contradictoire. Votant ou pas, soyons convaincus que l'affrontement de classe est in&#233;vitable de toute fa&#231;on. Il a d&#233;j&#224; commenc&#233; en plusieurs endroits de la plan&#232;te avec le mouvement prot&#233;iforme dit &#171; les indign&#233;s &#187;. Ce r&#233;veil de la spontan&#233;it&#233; des masses contient en germe la conscience de classe qui fait encore d&#233;faut pour le moment pour qu'une rupture radicale soit effective dans les faits. Si la France a connu d'importants mouvements sociaux ayant fini la queue entre les pattes, cela n'a gu&#232;re d'importance puisque le Pouvoir finit toujours par commettre des erreurs qui facilitent l'apparition d'un moment r&#233;volutionnaire. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut rester les bras crois&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi les anarchosyndicalistes et les r&#233;volutionnaires authentiques doivent unir leurs efforts pour organiser le camp de la r&#233;sistance populaire autonome que nous pouvons approximativement d&#233;finir en six points :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ &#234;tre hors du cadre parlementaire ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ d&#233;border et marginaliser les bureaucrates syndicaux ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3/ reposer sur l'assembl&#233;isme comme mode de fonctionnement d&#233;mocratique et sur l'action directe (agir sans aucun interm&#233;diaire) ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4/ recourir &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile lorsque les luttes ont r&#233;ussi &#224; acqu&#233;rir une l&#233;gitimit&#233; et qu'elles sont suffisamment coordonn&#233;es et structur&#233;es, massives et d&#233;termin&#233;es ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5/ regrouper &#233;tudiants, travailleurs, pr&#233;caires et ch&#244;meurs pour d&#233;passer le carcan de l'enfermement corporatiste, briser le &#171; chacun pour soi &#187; de l'individualisme par l'appui mutuel et la solidarit&#233; ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; 6/ m&#234;ler &#224; la fois contestations &#171; politique &#187; et &#171; sociale &#187; contre le capitalisme et contre l'&#201;tat pour avancer d'autres valeurs et rapports sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Si nous voulons en finir avec ces deux monstres que sont l'&#201;tat et le capitalisme, nous devons construire un rapport de force &#224; la hauteur de notre projet. Ce dernier vise &#224; l'instauration des Conseils, bas&#233;e sur l'autonomie f&#233;d&#233;raliste et sur le gouvernement de tous par tous qui est le communisme sans &#201;tat ou Anarchie dans le sens attribu&#233; par Michel Bakounine&#8200; : &#171; Nous invoquons l'anarchie, cette manifestation de la vie et des aspirations populaires d'o&#249; doivent sortir, avec et par la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; r&#233;elle de tous et de toutes, l'ordre nouveau fond&#233; sur le d&#233;veloppement int&#233;gral et sur le travail librement organis&#233; de tous et de toutes, et la force m&#234;me de la r&#233;volution. &#187; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Bakounine, Th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution, textes assembl&#233;s et (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. L'Histoire enseigne que ce sont les masses qui font les r&#233;volutions lorsque des situations propices &#233;clatent sous le poids des contradictions du syst&#232;me en vigueur et qu'elles s'aper&#231;oivent que les &#233;lections ne sont plus d'aucun secours. En l'absence d'une id&#233;ologie &#171; rupturiste &#187; et de sa non-production en tant que pens&#233;e concr&#232;te dans le cours des &#233;v&#233;nements, les masses laissent reprendre le dessus &#224; leurs croyances et &#224; leurs tendances conservatrices : la victoire aux &#233;lections des islamistes mod&#233;r&#233;s dans les pays du printemps arabe en 2011 est l&#224; pour le rappeler alertement. La n&#233;cessit&#233; fait que les anarchosyndicalistes doivent continuer &#224; affirmer leur corpus id&#233;ologique et les valeurs originelles du socialisme (libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, justice, solidarit&#233;). Les luttes sociales gagnent la plan&#232;te car les probl&#232;mes qui affectent le capitalisme occidental ont des incidences mondiales. Elles sont l'expression de la lutte des classes et le prol&#233;tariat doit s'unir pour une r&#233;sistance internationale de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&#8200;CNT-AIT Caen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Michel Bakounine, Th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution, textes assembl&#233;s et annot&#233;s par Etienne (espace) Lesourd, d'apr&#232;s. G.P. Maximov, &#233;ditions Les nuits rouges, page 361.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que peut nous apporter l'histoire ?</title>
		<link>http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article490</link>
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		<description>Que peut-on retirer de la lecture d'un ouvrage d'&#171; histoire militante &#187; ? J'entends par cette expression - pas tr&#232;s heureuse - non pas l'ouvrage froid d'un universitaire mais celui d'un historien engag&#233;, d&#233;sireux de questionner avec empathie l'histoire du mouvement auquel il appartient. Peut-on en tirer des enseignements pratiques, ou, tout du moins, en quoi les questions pos&#233;es par les acteurs des luttes du pass&#233; et les r&#233;ponses qu'ils ont (...)

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&lt;a href="http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique127" rel="directory"&gt;Premi&#232;re Internationale&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que peut-on retirer de la lecture d'un ouvrage d'&#171; histoire militante &#187; ? J'entends par cette expression - pas tr&#232;s heureuse - non pas l'ouvrage froid d'un universitaire mais celui d'un historien engag&#233;, d&#233;sireux de questionner avec empathie l'histoire du mouvement auquel il appartient. Peut-on en tirer des enseignements pratiques, ou, tout du moins, en quoi les questions pos&#233;es par les acteurs des luttes du pass&#233; et les r&#233;ponses qu'ils ont apport&#233;es peuvent-elles &#233;clairer notre r&#233;flexion et notre d&#233;marche actuelles ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le nouvel ouvrage de &lt;strong&gt; Mathieu L&#233;onard &#171; &#8200;&lt;i&gt;L'&#201;mancipation des Travailleurs : une histoire de la Premi&#232;re Internationale &lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (2011, La Fabrique) offre l'occasion de poser de telles questions dans un parall&#232;le avec l'actualit&#233;, notamment le &#171; printemps arabe &#187; ou le mouvement des indign&#233;s. Un ami, qui avait particip&#233; activement en Espagne &#224; ce dernier, me faisait r&#233;cemment part de son enthousiasme pour l'auto-organisation et l'action directe qu'il avait pratiqu&#233;es pour la premi&#232;re fois au cours de ce printemps&#8230; mais aussi de son agacement envers les militants r&#233;volutionnaires qui n'avaient de cesse de leur faire la le&#231;on en se r&#233;f&#233;rant sans arr&#234;t au pass&#233;. Comme si ces derniers rejouaient dans les assembl&#233;es populaires les vieilles querelles du mouvement r&#233;volutionnaire, sans trop se pr&#233;occuper du pr&#233;sent. Or, l'histoire ne se r&#233;p&#232;te pas, du moins telle quelle. Notre soci&#233;t&#233; est &#224; bien des &#233;gard diff&#233;rente de celles du XIXe ou de l'entre-deux-guerres&#8230; A trop avoir les yeux dans le r&#233;troviseur, on est aveugle &#224; ce qui se passe aujourd'hui. Une grille de lecture du pr&#233;sent fond&#233;e uniquement sur des exp&#233;riences anciennes emp&#234;che de comprendre les enjeux actuels des luttes et peut conduire beaucoup de militants r&#233;volutionnaires &#224; passer &#224; c&#244;t&#233; du d&#233;marrage d'un processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il faut le souligner, un grand nombre d'anarchistes, retrouvant une &#171; soudaine puret&#233; id&#233;ologique &#187; n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; quasiment condamner les mouvements des Indign&#233;s et &#224; les qualifier de doux noms d'oiseaux : r&#233;formistes, citoyennistes, inter-classistes &#224; les accuser de collusion avec les fascistes, n'h&#233;sitant pas alors &#224; g&#233;n&#233;raliser un incident parisien (o&#249; le mouvement ne fut jamais massif) &#224; l'ensemble de ce mouvement pourtant tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne (comme si ce qui se passait &#224; Paris valait pour Ath&#232;nes, New York, S&#233;ville ou Barcelone&#8200; !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pourtant, ces mouvements ne sont pas plus inter-classistes que celui des retraites ou du CPE auxquels la plupart de nos &#171; vrais r&#233;volutionnaires &#187; ont particip&#233; activement. Et ils sont s&#251;rement moins r&#233;formistes que les syndicats institutionnels dans lesquels militent bien des anars... sans parler de ceux qui, parmi ces derniers, appellent &#224; voter aux pr&#233;sidentielles (comme en 2002) ou qui r&#233;clament le retour de la main protectrice de l'&#201;tat contre le lib&#233;ralisme (oubliant que l'&#201;tat a toujours &#233;t&#233; l'outil de la domination patronale). Il y a cependant une diff&#233;rence entre les mouvements de 2011 et ceux de la derni&#232;re d&#233;cennie ; c'est une pratique plus massive de l'auto-organisation. Paradoxalement, c'est peut-&#234;tre cela qui pose probl&#232;me &#224; certains r&#233;volutionnaires&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mais revenons &#224; notre question. En quoi l'&#233;tude des exp&#233;riences r&#233;volutionnaires pass&#233;es est-elle utile &#224; nos pratiques actuelles&#8200; ? S&#251;rement pas &#224; condamner les mouvements actuels, mais bien &#224; d&#233;tecter, dans le processus r&#233;volutionnaire actuellement en gestation, des obstacles qui sont assez similaires &#224; ceux qu'a connu le mouvement ouvrier de la fin du XIXe : &#171; Bien des questions qui sont les n&#244;tres sont d&#233;j&#224; pos&#233;es dans les congr&#232;s de la Premi&#232;re Internationale, dans les luttes qu'elle a men&#233;es et dans les querelles dont elle a fini par mourir &#187; (M. L&#233;onard).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	D&#232;s sa cr&#233;ation, la premi&#232;re AIT affirme dans son &#171; Adresse inaugurale&#8200; &#187; une id&#233;e-force majeure : &#171; &#8200;L'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes&#8200; &#187;. Elle fait donc de la volont&#233; auto-organisationnelle &#8211; cette volont&#233; que l'on commence &#224; retrouver dans les mouvements actuels - un de ses principes. A cette affirmation premi&#232;re, il convient d'en ajouter une autre, qui reste fondamentale de nos jours : la solidarit&#233; internationale, c'est-&#224;-dire la lutte contre le nationalisme et plus largement contre ce que l'on appelle aujourd'hui le repli identitaire. Une troisi&#232;me th&#232;me, essentiel lui aussi, celui de l'&#201;tat, fera pol&#233;mique au sein de l'AIT tout au long de sa courte histoire et sera l'une des causes de sa dislocation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;strong&gt;IDENTIT&#201; CONTRE R&#201;VOLUTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'identitarisme reste un levier important pour une &#233;lite autoproclam&#233;e afin de conserver ou conqu&#233;rir le pouvoir et entraver les processus r&#233;volutionnaires en divisant le prol&#233;tariat. On peut le voir &#224; l'&#339;uvre actuellement, notamment dans les pays qui connaissent des p&#233;riodes &#233;lectorales : l'&#233;tranger (en France), le m&#233;cr&#233;ant (en &#201;gypte ou en Tunisie) devient alors la source de tous les maux. L'&#201;gypte fournit un bon exemple : au moment m&#234;me o&#249; les int&#233;gristes musulmans, gr&#226;ce &#224; leur r&#233;ussite &#233;lectorale, sont en passe de se partager le pouvoir avec l'arm&#233;e, les jeunes r&#233;volutionnaires, ceux qui ont chass&#233; Moubarak subissent une brutale r&#233;pression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Ce n'est pas pour rien que l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) fond&#233; &#224; Londres en 1864 avait pris pour base la solidarit&#233; internationale. George Odger, un leader des puissantes trade-union anglaises (qui sombreront peu de temps apr&#232;s dans le r&#233;formisme), affirmait ainsi dans une &#171; Adresse &#187; que &#171; &#8200;&lt;i&gt;La fraternit&#233; entre les peuples est extr&#234;mement n&#233;cessaire pour les int&#233;r&#234;ts des ouvriers (&#8230;.) emp&#234;cher les ma&#238;tres de nous mettre dans une concurrence (...) le jour n'est pas loin o&#249; les travailleurs de tous les pays s'uniraient et o&#249; la guerre et l'oppression serait bannie...&#8200;&lt;/i&gt;&#8200; &#187;. Certes, comme le souligne Matthieu L&#233;onard, l'approche de cette adresse &#233;tait pragmatique&#8200; : il s'agissait surtout de lutter contre le dumping social, qui &#233;tait -et demeure- une arme du patronat pour faire jouer la concurrence entre travailleurs, maintenir les bas salaires et briser les gr&#232;ves m&#234;me si l'&#233;chelle a chang&#233; (hier au niveau europ&#233;en, aujourd'hui mondial). L'adresse d'Odger pour la cr&#233;ation d'une Internationale, tout utilitariste qu'elle puisse para&#238;tre, a au moins le m&#233;rite de vouloir lutter contre le dumping social et substituer l'entraide des travailleurs &#224; l'affrontement fratricide [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Rappelons qu'en France &#171; les grandes crises x&#233;nophobes se (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Il s'agit d'opposer une force organis&#233;e aux patrons capitalistes qui cherchent &#224; diviser. Cela ne se fit pas sans conna&#238;-tre des succ&#232;s. Ainsi, lors de la gr&#232;ve des vanniers de Londres, l'AIT pu intervenir : les ouvriers belges que les partons anglais avaient fait venir pour briser la gr&#232;ve pr&#233;f&#233;r&#232;rent retourner en Belgique, et, &#171; &lt;i&gt;&#8200;il fut impossible apr&#232;s cela aux patrons de se procurer d'autres ouvriers&lt;/i&gt;&#8200; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le pr&#233;ambule au statut provisoire de l'AIT allait lui plus loin : &#171; &#8200;&lt;i&gt;Tous les efforts faits jusqu'ici ont &#233;chou&#233; faute de solidarit&#233; entre les ouvriers des diff&#233;rentes professions dans chaque pays et d'une union fraternelle entre les classe ouvri&#232;res des diverses contr&#233;es&#8230; que l'&#233;mancipation du travail, n'&#233;tant ni locale, ni nationale, mais sociale embrasse tous les pays&#8230;.&lt;/i&gt;&#8200; &#187;. Avec l'auteur &#171; On peut penser que l'influence de l'Internationale a permis de proscrire la notion de &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187; des principes du syndicalisme naissant. Elle a pu pr&#233;tendre alors &#224; la fois d&#233;passer l'exclusivisme national, r&#233;flexe d&#233;fensif des ouvriers parfois exacerb&#233; par un chauvinisme de circonstance, et lutter contre le dumping social mis en &#339;uvre par des patrons assis sur une arm&#233;e industrielle aux r&#233;serves illimit&#233;s &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La solidarit&#233; internationale, impuls&#233;e par l'AIT, permettra &#224; certaines gr&#232;ves d'&#234;tre victorieuses comme celle du b&#226;timent &#224; Gen&#232;ve en 1868. En France, Eug&#232;ne Varlin r&#233;coltera 10 000 francs &#8211; somme consid&#233;rable pour l'&#233;poque - qui permirent &#224; la gr&#232;ve de tenir dans la dur&#233;e face au refus des patrons d'acc&#233;der aux revendications des ouvriers genevois. Cependant, par manque de moyens l'AIT ne pourra soutenir efficacement les nombreuses gr&#232;ves qui &#233;clat&#232;rent en 1869 en France, en Suisse et en Belgique. N&#233;anmoins l'internationalisme progressa chez les ouvriers. Malheureusement, il butera sur la guerre entre la France et la Prusse en 1870. Auguste S&#233;railler, ouvrier bottier, membre fran&#231;ais du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'AIT critiquera ses compatriotes qui sacrifiaient cet id&#233;al au chauvinisme ambiant : &#171; &#8200;&lt;i&gt;C'est incroyable de penser que des gens peuvent pendant six ans &#234;tre internationaux, abolir les fronti&#232;res, ne plus conna&#238;tre d'&#233;trangers et en arriver au point o&#249; ils sont pour conserver une popularit&#233; factice, et dont t&#244;t ou tard ils seront victime (&#8230;) combien faudra-t-il de g&#233;n&#233;rations pour effacer l'antagonisme profond de nationalit&#233; qu'ils cherchent &#224; faire rena&#238;tre par tous les efforts que leur pauvre imagination sugg&#232;re&#8200; !&lt;/i&gt;&#8200; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	On le voit, si l'id&#233;e de solidarit&#233; a fait du chemin depuis 1864, son implantation reste tr&#232;s fragile et ne r&#233;siste pas &#224; la pouss&#233;e de fi&#232;vre nationaliste des temps de guerre. La d&#233;faite fran&#231;aise contre la Prusse aura pour cons&#233;quence inattendue la c&#233;l&#232;bre exp&#233;rience de la Commune de Paris (1871). Si elle ne fut pas clairement internationaliste - le sentiment anti-allemand fut incontestablement tr&#232;s vif- une d&#233;cision de la Commune validera pourtant l'acc&#232;s &#224; la pleine nationalit&#233; des &#233;trangers. De plus, de nombreux &#233;trangers particip&#232;rent &#224; cet &#233;v&#233;nement r&#233;volutionnaire : sur les 36&#8200;309 communards arr&#234;t&#233;s, 1&#8200;725 sont des &#233;trangers majoritairement europ&#233;ens (Belges, Italiens, Suisses, Hollandais et m&#234;me 81 Allemands) mais on compte aussi 20 Africains principalement des Alg&#233;riens&#8230; On estime &#224; 3 ou 4 % la proportion d'&#233;trangers parmi les 20&#8200;000 communards r&#233;pertori&#233;s dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et &#224;&#8230; 25 % des fusill&#233;s dans l'effroyable vague de r&#233;pression qui abattit la Commune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Apr&#232;s sa scission de 1872, l'AIT se disloqua. Elle sera cependant la source d'inspiration des grands mouvements ouvriers anarchosyndicalistes (CGT en France en 1895, IWW aux USA en 1905, CNT en Espagne en 1910). Malgr&#233; cela, l'internationalisme h&#233;rit&#233; de l'AIT ne r&#233;sistera pas toujours aux pouss&#233;es nationalistes de 1914. Cet &#233;chec de l'internationalisme fut l'&#233;chec du mouvement r&#233;volutionnaire dans son ensemble, tant la solidarit&#233; internationale est l'un des principaux fondements -avec l'auto-organisation- d'un r&#233;el processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;strong&gt;LA QUESTION DE L'&#201;TAT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le clivage id&#233;ologique sur la question de l'&#201;tat, du parti et du r&#244;le centralisateur du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'AIT face &#224; l'autonomie des sections provoqua un schisme au sein de l'AIT et la mena &#224; sa fin. Il s'incarnera dans le c&#233;l&#232;bre conflit entre Marx et Bakounine, pour lequel il faut se garder de toute r&#233;duction psychologisante comme le dit bien l'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Sur le principe de la disparition &#224; terme de l'&#201;tat, les autoritaires et les anti-autoritaires sont d'accord. Mais, pour les seconds &#171; toute participation de la classe ouvri&#232;re &#224; la politique bourgeoise gouvernementale ne peut avoir d'autre r&#233;sultat que la consolidation de l'ordre des choses existant, ce qui paralyserait l'action r&#233;volutionnaire socialiste du prol&#233;tariat &#187; alors que les premiers valorisent la participation du prol&#233;tariat aux institutions politiques en d&#233;clarant : &#171; &#8200;l'abstention politique est funeste par ses cons&#233;quences pour notre &#339;uvre commune. Quand nous professons l'intervention politique et les candidatures ouvri&#232;res, nous voulons seulement nous servir de cette repr&#233;sentation comme d'un moyen d'agitation qui ne doit pas &#234;tre n&#233;glig&#233; dans notre tactique. Nous croyons qu'individuellement chaque membre doit intervenir, autant que faire ce peut, dans la politique.&#8200; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La divergence existe aussi sur la mise en place du communisme/collectivisme lors de la future r&#233;volution. Les anti-autoritaires veulent une disparition de l'&#201;tat d&#232;s le d&#233;but de celle-ci car, comme le dit Bakounine, &#171; &lt;i&gt;Tout &#201;tat m&#234;me le plus d&#233;mocratique n'est autre chose que le gouvernement des masses de haut en bas par une minorit&#233; de savants et par cela m&#234;me privil&#233;gi&#233;s, soi-disant comprenant mieux les v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts du peuple que le peuple lui-m&#234;me &lt;/i&gt; &#187;. R&#233;volution sociale et &#201;tat sont antinomiques et donc la destruction de l'&#201;tat est l'un des premiers devoirs du prol&#233;tariat. Toute organisation d'un &#201;tat soi-disant provisoire et r&#233;volutionnaire menant &#224; cette destruction, ne saurait &#234;tre qu'une tromperie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Aujourd'hui, la question de la disparition de l'&#201;tat ne semble plus &#234;tre &#224; l'ordre du jour dans les milieux r&#233;volutionnaires. Pire, ce sont les n&#233;o-lib&#233;raux qui sont pr&#233;sent&#233;s comme anti-&#233;tatistes&#8200; ! Par contre, la gauche dans son ensemble pr&#233;sente le renforcement de l'&#201;tat comme &#171; la mesure &#187; susceptible de contrer la dictature des march&#233;s et comme seul garant du progr&#232;s social. Ainsi est entretenue l'illusion de la n&#233;cessit&#233; de l'&#201;tat qui serait le seul &#224; m&#234;me de nous prot&#233;ger, nous autres, &#233;ternels mineurs. Or, c'est un grossier mensonge mais qui a pris racine. Les Etats - m&#234;me ceux qui se pr&#233;tendent d&#233;mocratiques ou ceux qui se pr&#233;tendaient communistes - ont toujours &#233;t&#233; un parfait outil pour assurer aux exploiteurs leur domination sur le monde. Partout et toujours c'est l'oligarchie politico-m&#233;diatico-&#233;conomique qui est aux commandes : politiciens et grands patrons sont copains comme cochon, passent d'une responsabilit&#233; d'entreprise &#224; une charge politique (ou l'inverse !), voire concluent entre eux des alliances matrimoniales comme une v&#233;ritable aristocratie&#8200; ! l'&#201;tat est, en effet, la meilleure garantie de leurs propri&#233;t&#233;s, de leurs richesses. Son r&#244;le premier est de les d&#233;fendre au sein de la nation et hors d'elle. L'histoire des n&#233;o-lib&#233;raux contre l'&#201;tat est une fadaise. Qui garantit en effet aux compagnies p&#233;troli&#232;res la conqu&#234;te de nouveaux gisements ? Qui fait vivre le puissant complexe militaro-industriel (le plus gros laboratoire d'innovation technologique - avions, frigidaires, internet&#8230; - toutes innovations financ&#233;es par l'&#201;tat qui enrichissent en retour de nombreuses entreprises civiles)&#8200; ? D'o&#249; proviennent les milliards de dollars engrang&#233;s par des soci&#233;t&#233;s priv&#233;s (notamment les entreprises de n&#233;o-mercenariat durant la guerre en Irak) si ce n'est des poches des contribuables ? D'o&#249; vient l'argent de l'industrie nucl&#233;aire ? Des avionneurs comme Boeing ou Airbus, ne sont-ils pas largement subventionn&#233;s directement ou indirectement par les Etats&#8200; ? D'o&#249; vient la fortune de Bouygues si ce n'est des commandes &#233;tatiques &#8211; dont r&#233;cemment certaines bien juteuses de dictateurs d'Asie centrale&#8200; ? Et, quand survient une crise financi&#232;re, &#224; qui font appel les requins de la finance &#8211; ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont empoch&#233; pendants des ann&#233;es des b&#233;n&#233;fices colossaux - pour regarnir les coffres des banques et autres soci&#233;t&#233;s de sp&#233;culation &#171; too big too fail &#187; ? A l'&#201;tat bien s&#251;r qui, pour les renflouer, a creus&#233; de fa&#231;on exponentielle son d&#233;ficit. Et qui va le rembourser ? Nous ! En travaillant plus pour gagner moins (pour les &#171; chanceux &#187; qui ne sont pas totalement hors circuit !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Quant &#224; la soi-disant &#171; main gauche de l'&#201;tat &#187; ch&#232;re &#224; feu Bourdieu, celle qui constituerait son aile sociale, protectrice, distributive... elle fut surtout le r&#233;sultat des luttes du mouvement ouvrier qui contraignit les capitalistes &#224; satisfaire certaines revendications (ne serait-ce que pour s'acheter la paix sociale). Mais une fois le rapport de force revenu &#224; leur avantage apr&#232;s avoir neutralis&#233; l'adversaire, l'&#201;tat d&#233;leste sa main gauche au profit de sa main droite, son v&#233;ritable ma&#238;tre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Aujourd'hui, beaucoup de ceux qui participent aux mouvements de luttes dans les Pays Arabes, en Espagne, aux &#201;tats-Unis&#8230; conservent encore, malgr&#233; leur rejet des politicards de tout bord, la croyance dans un Etat protecteur qu'il serait possible de d&#233;mocratiser par un meilleur contr&#244;le citoyen. Mais en Tunisie comme en &#201;gypte cette illusion pourrait bien tomber parmi un nombre croissant de ceux qui ont chass&#233; les dictateurs. Les &#233;lections tentent de rejeter &#224; la p&#233;riph&#233;rie les vrais r&#233;volutionnaires. Elles remettent au centre les politicards de tout poil d&#233;sireux de r&#233;tablir l'oligarchie, partiellement renouvel&#233;e par des islamistes. Gr&#226;ce &#224; elles l'&#201;tat est remis sur pied, maintenant avec une &#233;tiquette pseudo-d&#233;mocratique, mais toujours aussi prompt &#224; d&#233;fendre comme toujours les int&#233;r&#234;ts des exploiteurs et la reprise de leur business. Pour cela, il doit en finir avec les diverses formes d'auto-organisation qui ont fleuri durant le soul&#232;vement, comme l'atteste la r&#233;pression sauvage ces derniers jours place Tahrir. l'&#201;tat se r&#233;v&#232;le tel qu'il est&#8200; : anti-d&#233;mocratique par nature. C'est pourquoi il est important que les anarchosyndicalistes travaillent &#224; la disparition de l'illusion &#233;tatique en portant cette ancienne (mais non archa&#239;que !) question de l'&#201;tat dans ces mouvements auto-organis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La n&#233;cessit&#233; de la solidarit&#233; internationale et la remise en cause de l'&#201;tat restent, comme &#224; l'&#233;poque de la premi&#232;re AIT, des enjeux majeurs pour tout mouvement auto-organis&#233;. Le repli identitaire d'une part et d'autre part la croyance que les changements ne peuvent s'effectuer que du haut vers le bas par une &#233;lite de pseudo-experts autoproclam&#233;s sont des freins de taille au d&#233;veloppement du processus r&#233;volutionnaire r&#233;cemment initi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marwing&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Rappelons qu'en France &#171; les grandes crises x&#233;nophobes se concentreront en 1880, essentiellement contre les Italiens (la tuerie d'Aigues-Mortes en 1893 en marquera l'apog&#233;e) qui sont la main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re la plus nombreuse, dans une p&#233;riode o&#249; l'id&#233;e internationaliste conna&#238;t une nette r&#233;gression &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CLERMONT-FERRAND </title>
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		<description>Des journes libertaires &#224; la lutte des classes Nous souhaitons d&#233;buter cet article par une bonne nouvelle. Dans le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent d'Anarchosyndicalisme ! (num&#233;ro 126), nous parlions, entre autre, de la lutte que nous menions pour la r&#233;gularisation de &#171; &#8200;I&#8200; &#187;. Depuis, il a obtenu des papiers, et un travail. Toute la lutte a &#233;t&#233; men&#233;e selon ses souhaits. Il tient (et nous avec) &#224; remercier le syndicat CNT-AIT de Toulouse pour sa pr&#233;cieuse aide financi&#232;re et &#224; souligner le (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des journes libertaires &#224; la lutte des classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous souhaitons d&#233;buter cet article par une bonne nouvelle. Dans le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent d'Anarchosyndicalisme ! (num&#233;ro 126), nous parlions, entre autre, de la lutte que nous menions pour la r&#233;gularisation de &#171; &#8200;I&#8200; &#187;. Depuis, il a obtenu des papiers, et un travail. Toute la lutte a &#233;t&#233; men&#233;e selon ses souhaits. Il tient (et nous avec) &#224; remercier le syndicat CNT-AIT de Toulouse pour sa pr&#233;cieuse aide financi&#232;re et &#224; souligner le travail efficace, dans une ambiance chaleureuse, men&#233;e par un petit syndicat&#8200; ! Dans les lignes qui vont suivre, nous souhaitons d'une part dresser un bilan des Journ&#233;es Libertaires, et d&#233;tailler la lutte globaliste que nous avons d&#233;cid&#233; de mener par la suite.
Les Journ&#233;es Libertaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Du 14 au 18 novembre dernier, l'UL de la CNT-AIT 63 organisait ses premi&#232;res Journ&#233;es Libertaires, sous le slogan &#171; Et si on essayait une fois par nous-m&#234;mes&#8200; ?&#8200; &#187;. Ces journ&#233;es furent un succ&#232;s de notre point de vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le lundi, le d&#233;bat sur l'anarchosyndicalisme a attir&#233; du monde, plus de 25 personnes, &#224; notre surprise. Le d&#233;bat qui a suivi l'intervention de deux compagnons fut tr&#232;s int&#233;ressant et constructif, avec la pr&#233;sence de personnes que nous ne connaissions pas, des individuel-le-s, mais aussi des membres de SUD ou m&#234;me de la CGT... Les retours furent positifs, l'ambiance d'une &#171; &#8200;conf&#233;rence &#187; anim&#233;e par des militants et pas des professionnels a mis les gens &#224; l'aise pour discuter. Le mardi, d&#233;bat sur la Tunisie. Un compagnon de Toulouse a propos&#233; un d&#233;bat autour d'une table avec les 25 personnes pr&#233;sentes, ce qui fut appr&#233;ci&#233;. La pr&#233;sentation re&#231;ut un accueil mitig&#233;, y compris de la part de compagnons. Mais les pr&#233;cisions sur le fait que nous ne sommes pas des pros ont permis un d&#233;bat tr&#232;s int&#233;ressant par la suite. Si la pr&#233;sentation a pu &#234;tre &#233;parpill&#233;e par moment, peut-&#234;tre certaines personnes s'attendaient aussi &#224; de l'exceptionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le mercredi, nous accueillions Lucio Urtubia, anarchiste et faux-monnayeur. Ce fut la conf&#233;rence qui accueillit le plus de monde (50 personnes). Le public nous a sembl&#233; plus &#234;tre venu pour voir le personnage. Malgr&#233; cela, dans le d&#233;bat qui a suivi la projection du film Lucio a parl&#233; de l'anarchisme, mais sans aller plus loin. Le d&#233;bat a plus tourn&#233; autour de l'ill&#233;galisme, sans que Lucio n'y soit vraiment pour quelque chose. Les personnes pr&#233;sentes ont bien appr&#233;ci&#233; la soir&#233;e, Lucio est rentr&#233; satisfait. Le jeudi, &#224; travers la conf&#233;rence sur Sacco et Vanzetti pr&#233;sent&#233;e par R. Creagh, nous souhaitions parler de l'anarchisme ouvrier. La pr&#233;sentation fut compl&#232;te, ce qui a fait que le d&#233;bat avec les 25 personnes pr&#233;sentes (dans la salle en face, une conf&#233;rence sur l'&#233;cole d&#233;mocratique avec tout le beau monde des profs de gauche... r&#233;unissait 200 personnes, sponsoris&#233;e par la fac elle-m&#234;me...) a tourn&#233; sur la r&#233;pression (ce qui n'est pas plus mal). Remercions R. Creagh.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le vendredi, le salon du livre fut le seul &#233;chec&#8200; : tr&#232;s peu de monde, un manque de contact humain aussi... Le concert de soutien le soir fut par con-tre un excellent moment. D'une part, il nous a permis de nous en sortir financi&#232;rement avec environ 120 personnes (dont des personnes venues de la Creuse !). Nous remercions les Critical Sound System, la Fibre (qui entre les morceaux de rap anarchiste rappelait qu'il faudra s'abstenir...), les Akesteko&#239; et Last Fuckin'Delight, groupes qui sont venus parfois de loin pour nous soutenir, sans demander de frais ou si peu... Ce concert a pu &#234;tre tenu gr&#226;ce &#224; des sympathisant-e-s &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sent-e-s... Au total, plus de 100 personnes diff&#233;rentes ont assist&#233; aux d&#233;bats, avec un groupe de personnes revenant chaque soir, le tout dans une bonne ambiance, malgr&#233; les pr&#233;sences difficiles &#224; g&#233;rer de personnes alcoolis&#233;es - ce qui nous a pouss&#233; &#224; mener une r&#233;flexion sur l'alcool par la suite. Selon un compagnon de la Creuse, on a &#171; &#8200;frapp&#233; un grand coup &#187;. On a en effet d&#251; lutter pour organiser ces Journ&#233;es Libertaires, la mairie refusant de nous donner la Maison du Peuple sous des pr&#233;textes fallacieux (un num&#233;ro SIRET...), les 200 affiches et 400 programmes ont &#233;t&#233; tir&#233;s par nos soins... Nous pouvons aussi noter les nom-breux passages aux tables de presse, environ 50 Anarchosyndicalisme&#8200; ! ont &#233;t&#233; vendus... Une semaine &#233;prouvante, &#224; une poign&#233;e d'enrag&#233;-e-s, mais qui fut plus que satisfaisante. On recommence en 2012 !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre le corporatisme, pour la lutte des classes !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Suite &#224; ce succ&#232;s des Journ&#233;es Libertaires, nous avons d&#233;cid&#233; collectivement d'&#234;tre pr&#233;sent-e-s un maximum dans la rue, &#224; toutes les manifs, en interco, pour y montrer notre solidarit&#233; d'une part, mais surtout pour y d&#233;noncer le corporatisme, et montrer, avant notre campagne anti-&#233;lectoraliste, que la lutte c'est sur le pav&#233;e, pas dans les urnes. Depuis quelques semaines donc, les anarchosyndicalistes apparaissent r&#233;guli&#232;rement. Nous pouvons classer les diff&#233;rentes actions auxquelles nous avons particip&#233;es en plusieurs cat&#233;gories.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Par exemple, une manif CFDT-FO-CGT-SUD (sans FO dont le local &#233;tait &#224; 100 m&#232;tres du rassemblement) contre la casse de la Convention 66 des travailleurs-euses sociaux. Nous &#233;tions les seuls non travailleurs-euses sociaux (actifs ou en formation) &#224; &#234;tre venus. Trois ans que la lutte dure, trois ans pour se rendre compte que CFDT, FO et CGT n'&#233;taient pas vraiment contre la casse de la convention, et que SUD dans sa strat&#233;gie intersyndicale n'offrait aucune alternative... Un bon encadrement syndical en somme... Autre exemple, le 15 novembre (deux jours apr&#232;s un rassemblement, le 13), manif tra&#238;ne-savate de l'&#201;ducation nationale, donc de la FSU. De rares &#233;tudiant-e-s anarchosyndicalistes s'y sont rendu-e-s, mais ce ne furent que les palabres habituelles... Autre manif. Celle du R&#233;SEL, pour le droit au logement. Plus de 20 signataires (partis, syndicats et associations habituels) pour 35 personnes pr&#233;sentes&#8200; ! Alors que nous n'avons pas sign&#233; l'appel, &#224; notre habitude, nous n'&#233;tions pas les moins nombreux-euses... Nous en avons profit&#233; pour differ un tract, &#171; Attaques globales, r&#233;ponses globales &#187; contre le corporatisme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le 13 novembre, nous avions d&#233;cid&#233; d'apporter notre petite pr&#233;sence anarchosyndicaliste au rassemblement CFDT&#8200;-&#8200;UNSA&#8200;-&#8200;CGT&#8200;-&#8200;FSU... contre l'aust&#233;rit&#233; qui s'annonce. Pas de pr&#233;avis de gr&#232;ve, donc des compagnes-ons n'ont pu venir. Ce fut un rassemblement de 200 permanent-e-s, mais notre message globaliste [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le globalisme, c'est penser que le syst&#232;me capitaliste n'est (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et notre pr&#233;sence (une petite dizaine quand m&#234;me) fut remarqu&#233;e, les journalistes venant nous voir rapidement (mais nous refusons la soci&#233;t&#233; du spectacle et les m&#233;dias dominants...). Si notre table de presse a vu peu de passage, le fait que notre caf&#233; &#233;tait gratuit, alors que celui de la CGT &#233;tait payant fut salu&#233;... Si le rassemblement fut une preuve suppl&#233;mentaire du r&#244;le r&#233;el des syndicats institutionnels, notre pr&#233;sence fut un bon coup au niveau strat&#233;gique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Enfin, des actions directes qui prouvent la validit&#233; de nos id&#233;es et pratiques. Tout d'abord, un rassemblement devant le CROUS. En effet, le minist&#232;re a donn&#233; un 10e mois de bourses, f&#234;t&#233; en grandes pompes par l'UNEF&#8230; sans augmenter les moyens allou&#233;s aux CROUS... donc retards, non paiements des bourses, et des &#233;tudiant-e-s endett&#233;-e-s... L'UNEF appelait &#224; un rassemblement... 20 personnes (absence du &#171; &#8200;syndicat de lutte &#187; SUD Etudiant-e), dont des militant-e-s de la CNTAIT 63. Il est d&#233;cid&#233; d'aller occuper le Conseil d'administration, l'UNEF veut y apporter ses p&#233;titions et revendications. Le recteur, g&#234;n&#233; par les &#233;changes parfois vifs (la CNT-AIT, ils n'ont pas l'habitude) nous a sorti des phrases types du m&#233;pris, un m&#233;pris de classe, anti-pauvres... &#171; Si vous n'&#234;tes pas contents, allez habiter ailleurs &#187;, &#171; S'il y a des retards de paiement, c'est la faute des &#233;tudiants &#187; ou encore, lorsqu'un militant UNEF fait remarquer que sur les 13&#8200;000 boursiers de Clermont, 250 n'ont pas encore per&#231;u les bourses (et cr&#232;vent donc de faim...) &#171; 250 ? C'est un petit couac, une broutille &#187;. Le recteur, qui sera outr&#233;, annule le CA. Les bourses sont tomb&#233;es 10 jours plus t&#244;t qu'en novembre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pour terminer, nous avions d&#233;cid&#233; de nous rendre &#224; un rassemblement devant Leclerc, qui a licenci&#233; une militante CGTiste. Non pas que nous cautionnons le militantisme de la CGT, mais pour y montrer notre solidarit&#233; de classe. D'ailleurs, &#224; part la CGT, la CNT-AIT (une nouvelle fois) &#233;tait la seule organisation pr&#233;sente&#8200; ! Ce rassemblement s'est poursuivi par une manif sauvage dans le Leclerc. Pas de n&#233;gociations avec la direction. Action directe. Si chaque licenciement entra&#238;nait une telle r&#233;action (on pense &#224; notre compagne de la CNT-AIT espagnole, licenci&#233;e de Carrefour et r&#233;int&#233;gr&#233;e apr&#232;s une mobilisation internationale, jusqu'au Br&#233;sil ou en Argentine...). Cette manif sauvage dans le centre Leclerc, en p&#233;riode de f&#234;te, a fait son effet... Mais on apprendra ensuite que la CGT ne poursuivra pas la lutte directe et s'en remet aux prud'hommes... N'emp&#234;che, l'action directe, sans interm&#233;diaires, donne des r&#233;sultats !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	En conclusion, nous pouvons dire que nous sommes actuellement les seul-e-s &#224; vouloir globaliser et radicaliser les luttes. Et d'ailleurs, les retours sur la CNT-AIT sont tr&#232;s positifs, et nous motivent encore plus, ils sont pour nous significatifs de la v&#233;racit&#233; de nos id&#233;es et pratiques. Sans participer &#224; aucune intersyndicale, sans accorder d'importance aux partis politiques (refus de signer avec eux), nous tentons de montrer que l'action directe et l'autonomie des luttes sont une des solutions pour apporter une r&#233;ponse radicale &#224; la destruction de nos conditions de vies. Que la solidarit&#233; de classe, c'est pas sur le papier, mais dans la rue. Vive la lutte des travailleurs-euses, sans permanent-e-s, ni subventions !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&#8200;Quelques compagnes-ons de l'UL CNT-AIT 63&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt;Le globalisme, c'est penser que le syst&#232;me capitaliste n'est pas seulement &#233;conomique, mais aussi politique, social et culturel. C'est donc refuser la division parti/syndicat, et mener la lutte sur tous les fronts. Ce que fait la CNT-AIT, tout comme la majeure partie des sections de l'AIT, de la FORA argentine &#224; la SolFed anglaise...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SOCIOLOGIE POUR LE COMBAT, SOCIOLOGIE DU COMBAT</title>
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		<dc:date>2012-01-06T09:24:28Z</dc:date>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>Anticapitalisme, critique du lib&#233;ralisme, luttes sociales (voire des classes) etc., tout cela refait surface. Revient des profondeurs l'&#233;pop&#233;e h&#233;ro&#239;que du r&#233;volutionnarisme, ses faits, ses mythes, sa s&#233;mantique, ses doctrines, ses th&#233;ories... Cette histoire a valeur pour &#233;laborer un discours actualis&#233;. L'obsolescence due &#224; une mystique du sujet historique conduit &#224; la d&#233;faite. Il n'y a pas de changement r&#233;volutionnaire sans une dialectique sujet/objet, en soi/pour soi, (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Anticapitalisme, critique du lib&#233;ralisme, luttes sociales (voire des classes) etc., tout cela refait surface. Revient des profondeurs l'&#233;pop&#233;e h&#233;ro&#239;que du r&#233;volutionnarisme, ses faits, ses mythes, sa s&#233;mantique, ses doctrines, ses th&#233;ories... Cette histoire a valeur pour &#233;laborer un discours actualis&#233;. L'obsolescence due &#224; une mystique du sujet historique conduit &#224; la d&#233;faite. Il n'y a pas de changement r&#233;volutionnaire sans une dialectique sujet/objet, en soi/pour soi, pratique/th&#233;orie. De la croissance des conflits d'int&#233;r&#234;ts produits par le syst&#232;me resurgit, dans la prose de certains, la figure tut&#233;laire et r&#233;demptrice de la classe ouvri&#232;re. C'est de l&#224; que nous parlons, avec fiert&#233;, reconnaissance et affection. Que serions-nous sans ces combats et valeurs ? N&#233;anmoins quelle r&#233;alit&#233;, quelle signification a cette cat&#233;gorie. Est-elle une sous-cat&#233;gorie du prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La r&#233;volution industrielle requalifie le propri&#233;taire du capital productif (le capitaliste) et celui qui ne poss&#232;de pas les moyens de productions et vend sa force de travail (muscles et cerveau) g&#233;n&#233;ralement sous forme de salaire pour vivre (le prol&#233;taire). De nos jours le prol&#233;taire et son statut de salari&#233; concerne la grande majorit&#233; du monde du travail. Ce concept juridico-&#233;conomique soufre de quelques critiques. Il y a des salari&#233;s qui sont propri&#233;taire (part du capital), des prol&#233;taires non salari&#233; (travailleur ind&#233;pendant, etc.). Que cela plaise ou pas, le salari&#233; du secteur priv&#233; ou public, le fonctionnaire, le pr&#233;caire, l'employ&#233;e, l'ouvrier, l'infirmi&#232;re, l'enseignant, le policier, le technicien etc., sont des prol&#233;taires. Le monde du travail est cat&#233;goris&#233; en fonction des crit&#232;res socio-professionnels suivant : niveau de qualification, salariat ou pas, propri&#233;t&#233; juridique du capital. La grande majorit&#233; des travailleurs sont des prol&#233;taires salari&#233;s ; d'autres sont propri&#233;taire et bien que travaillant, leur revenu est une part des b&#233;n&#233;fices (artisans, soci&#233;t&#233; en nom propre...). PDG, cadres, g&#233;rants&#8230; sont &#233;galement salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Observons que l'&#233;volution du proc&#232;s de production des marchandises, l'activit&#233; &#233;conomique, la r&#233;alit&#233; sociale ont modifi&#233; ou cr&#233;&#233; les technologies, les statuts, les cat&#233;gories socio-professionnelles, les rapports de production, les secteurs d'activit&#233;s et donc les r&#233;alit&#233;s et perceptions des classes. L'euph&#233;misme cat&#233;gorisant (employ&#233;, ouvrier, cadre, technicien, agent, fonctionnaire etc.) occulte le trop connot&#233; prol&#233;taire. Les classifications sont partiellement justes et jamais neutres. Le travailleur peut &#234;tre : le patron, le propri&#233;taire du capital, le banquier, le prol&#233;taire, le paysan, l'artisan, le PDG, le soci&#233;taire, salari&#233; ou pas ; de m&#234;me le prol&#233;taire peut &#234;tre salari&#233; ou pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	D&#233;finir le prol&#233;taire comme celui qui, n'&#233;tant pas propri&#233;taire du capital productif, vend sa force de travail contre salaire est un peu court, surtout si on ajoute la formule moderne, celui dont on extrait la plus-value. En effet quand, par exemple, un artisan vend sa production &#224; un autre capitaliste (prestataire, produit interm&#233;diaire, commer&#231;ant...) qui extrait de la plus-value sur le travail d'un autre capitaliste qui est prol&#233;taire&#8200; ? Les cadres, principalement ceux du management, sont des salari&#233;s et souvent ne poss&#232;dent pas ou que sous forme tr&#232;s r&#233;siduelle ou minoritaire le capital. Ce n'est pas la propri&#233;t&#233; juridique mais leur technicit&#233; qui les hisse dans la cha&#238;ne du commandement capitaliste. Ainsi, d&#233;localisations, restructurations, licenciements, investissements, salaires, productivit&#233;, montages (juridiques, financiers, productifs, fiscaux, etc.) mais aussi la politique, la fonction publique, les partis politiques et syndicats etc., sont plac&#233;s sous direction de cadres sup&#233;rieurs. Les actionnaires (souvent incomp&#233;tents en la mati&#232;re) d&#233;l&#232;guent aux technocrates la gestion du capital financier, productif, politique. Les actionnaires majoritaires, quand b&#233;n&#233;fices et dividendes sont menac&#233;s, imposent leurs directives, recadrent les technocrates tout en reconfiant le pouvoir &#224; ces derniers. Les cadres sup&#233;rieurs sont donc des travailleurs qui vendent leur force de travail majoritairement sous forme salariale, qui ne poss&#232;dent pas ou tr&#232;s minoritairement la propri&#233;t&#233; du capital. Observons que des prol&#233;taires classiques, du moins certains, d&#233;tiennent de petites quantit&#233;s de capital et que, cadres ou pas, les fonctionnaires sont salari&#233;s, ne poss&#232;dent pas juridiquement leur outil de travail, ne produisent pas de plus-value (sans doute une des falsifications &#233;tatisme = communisme).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Qui donc est prol&#233;taire, comment de nos jours d&#233;terminer l'exploitation capitaliste ? Le b&#233;n&#233;fice, le taux de profit o&#249; de plus-value comme corollaire de la masse salariale sont r&#233;ducteurs, car centr&#233;s sur le salariat, l'&#233;conomie soumise au b&#233;n&#233;fice. On peut g&#233;n&#233;raliser le principe d'&#233;conomie &#224; but non lucratif pour supprimer le b&#233;n&#233;fice. Imposer que la valeur marchande soit &#233;gale au co&#251;t de sa production. Revenir &#224; la manufacture pour que la valeur du produit &#233;gale la valeur de la force de travail et quasi an&#233;antir la plus-value. R&#233;duire le taux de profit &#224; la juste n&#233;cessaire accumulation. Tout cela ne rend pas explicite l'exploitation par les &#233;carts des revenus salariaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Nous devons &#233;laborer d'autres param&#232;tres et th&#233;ories. L'&#233;conomie assure la production des biens mat&#233;riels n&#233;cessaire &#224; tous pour &#233;lever et &#233;duquer des enfants, la scolarit&#233;, l'entretien de l'habitation, la consommation g&#233;n&#233;rale, aider ses voisins ou amis, soigner, etc. De fait le scolaire est un travailleur en formation, le retrait&#233; un travailleur qui a fait sa part des richesses, l'homme ou la femme au foyer un travailleur de la domesticit&#233;... Que l'&#233;conomie soit salariale, domestique, reposant sur le don, l'entraide, qu'elle soit publique, priv&#233;e, coop&#233;rative,&#8230; d'un point de vue macro &#233;conomique les diverses activit&#233;s &#233;conomiques ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;es ou ind&#233;pendantes. En grande part nous sommes, serons ou f&#251;mes travailleurs et le salariat n'est qu'une fraction de l'activit&#233; &#233;conomique. L'&#233;conomie n'est qu'un segment ins&#233;parable de la totalit&#233; du champ social. Il ne peut exister de social sans &#233;conomie, ni d'&#233;conomie sans social. Social implique soci&#233;t&#233; pour les hommes, cela est m&#234;me anthropologique. Pour autant, les choix soci&#233;taux fondant les soci&#233;t&#233;s particuli&#232;res sont conventionnels, ils sont le produit de l'id&#233;ologie dominante de leur &#233;poque elle-m&#234;me confront&#233;e au d&#233;veloppement historique. L'id&#233;ologie et sa comparse l'imagination sont immanentes aux hommes ce qui permet l'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;. Il n'y a pas d'autre gen&#232;se pour les divers syst&#232;mes sociaux, que l'humaine origine. Le capitalisme comme le communisme n'&#233;chappent pas &#224; ce subjectivisme. Le communisme libertaire est le choix d'un principe, celui de l'&#233;galit&#233; de droit. Cons&#233;quemment l'&#233;conomie politique vise &#224; ce que les besoins de la population soient satisfaits et que les individus re&#231;oivent l'&#233;gale part de la richesse produite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques chiffres &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La comptabilit&#233; capitaliste -&#8200;bien que ses agr&#233;gats soient critiquables - d&#233;montre que le revenu moyen est en France d'environ 2 483 &#8364; brut mensuel, moins les cotisations sociales soit 2&#8200;125 mensuel net, moins la totalit&#233; des imp&#244;ts (sur le revenu, le logement, la TVA etc.), 1&#8200;500 &#8364; mensuel d&#233;fiscalis&#233; par habitant en 2010. Une autre source pour 2008 (revenus plus les prestations sociales moins les imp&#244;ts sur le revenu et l'habitation) donne un revenu disponible moyen de 2&#8200;878 &#8364;, le revenu m&#233;dian &#233;tant de 2&#8200;395 &#8364;. Constat : par d&#233;finition, 50 % de la population est en dessous de ce dernier seuil (2&#8200;395 euros). Si on prend le seuil du revenu moyen d&#233;fiscalis&#233;, c'est 70 % qui est en dessous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La population active comprend 25&#8200;691&#8200;400 personnes - salari&#233;es &#224; 90&#8200;% (soit 23 122 260 personnes) - r&#233;parties comme suit : agriculteurs 2&#8200;%, artisans + commer&#231;ants + chefs d'entreprises de plus de 10 salari&#233;s 6,2&#8200;%, cadres et professions intellectuelles sup&#233;rieures 16,6 % (dont professions lib&#233;rales 1,5 %), professions interm&#233;diaires 24,3 %, employ&#233;s 29,4&#8200;%, ouvriers 21,5 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Constat &lt;/strong&gt; : les actifs sont &#224; 90 % des salari&#233;s et 75 &#224; 80 % sont en dessous du revenu net mensuel ! Si nous cat&#233;gorisons le travailleur prol&#233;taire comme celui qui est salari&#233;, non propri&#233;taire de l'entit&#233; &#233;conomique, celui qui vend sa force de travail dont on extrait la plus-value (c'est-&#224;-dire qu'une partie de la valeur qu'il a produit profite &#224; d'autres, donc qu'il y a exploitation), nous pouvons dire qu'approximativement 70 % des travailleurs sont des prol&#233;taires. Par extension, on retrouve quasiment la m&#234;me fraction dans la population. En effet son revenu (souvent, du salaire) a pour origine sa force de travail. Elle n'est pas propri&#233;taire des moyens &#233;conomiques. Elle est exclue des institutions. Elle est en dessous du revenu moyen. Elle ne re&#231;oit pas la part &#233;galitaire de la richesse &#224; laquelle socialement elle contribue. Elle est exploit&#233;e, soumise &#224; une forme d'extraction de la plus-value. Elle constitue le prol&#233;tariat comme classe sociale. Certains n'entrent pas ou sont &#224; la lisi&#232;re de cette classe, mais en sont exclus, les rentiers de la propri&#233;t&#233; du capital, les cadres sup&#233;rieurs, les profiteurs, les riches, ceux dont le revenu d&#233;passe le revenu moyen d&#233;fiscalis&#233;. Il faut savoir raison garder, l'absence d'un des crit&#232;res d'appartenance de classe ne la supprime pas. Quelques fois, le propri&#233;taire du capital utilise sa seule force de travail comme revenu, ou bien ses salari&#233;s sont presque au m&#234;me niveau de revenu, voire il touche lui-m&#234;me moins. De plus, il faut &#233;valuer &#224; combien de personnes sert le revenu, faisons le quotient : totalit&#233; des revenus du groupe par nombre de personnes, pour conna&#238;tre le rapport au revenu moyen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	En partant non du point de vue individualis&#233; mais socialis&#233; et suivant les donn&#233;es ci-dessus, nous pouvons dire que 70&#8200;% de la population gagnerait &#224; changer de syst&#232;me &#233;conomique et social. Pour cela r&#233;duire au juridico-&#233;conomique le constat de la r&#233;alit&#233; des classes est peut-&#234;tre pertinent. Mais l'&#171; &#8200;en soi &#187; de classe ne d&#233;termine ni le &#171; &#8200;pour soi &#187;, ni les choix, ni les luttes de mani&#232;re m&#233;canique et coh&#233;rente. Les facteurs id&#233;ologiques, culturels, psychologiques, de situation, interviennent dans les rapports de ou des classes. Combien de prol&#233;taires nient ou trahissent leur classe, combien de fils de bourgeois pour des raisons id&#233;ologiques, choisissent le camp r&#233;volutionnaire et celui du prol&#233;tariat. La lutte des classes est une r&#233;alit&#233; qui fait histoire mais au sein de la classe l'individu est aussi une r&#233;alit&#233;. Dans le prochain article, j'essaierai de traiter cet aspect du probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean Picard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SALE TEMPS POUR LE SYNDICAPITALISME</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>Dans un monde qui s'&#233;croule chaque jour davantage, apr&#232;s la faillite des banques et celle annonc&#233;e, attendue des &#201;tats, il e&#251;t &#233;t&#233; &#233;tonnant que le s&#233;isme &#233;pargn&#226;t l'un des piliers de l'ordre social : l'institution syndicale officielle. Les antiques pyramides syndicales, d&#233;j&#224; largement fissur&#233;es, &#233;rod&#233;es par les atteintes cruelles du temps, bien moins fr&#233;quent&#233;es que jadis par des fid&#232;les dont la foi vacille, se seraient volontiers pass&#233; de ces deux coups de boutoir (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un monde qui s'&#233;croule chaque jour davantage, apr&#232;s la faillite des banques et celle annonc&#233;e, attendue des &#201;tats, il e&#251;t &#233;t&#233; &#233;tonnant que le s&#233;isme &#233;pargn&#226;t l'un des piliers de l'ordre social : l'institution syndicale officielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les antiques pyramides syndicales, d&#233;j&#224; largement fissur&#233;es, &#233;rod&#233;es par les atteintes cruelles du temps, bien moins fr&#233;quent&#233;es que jadis par des fid&#232;les dont la foi vacille, se seraient volontiers pass&#233; de ces deux coups de boutoir qui viennent de leur &#234;tre inflig&#233;s en l'espace d'une semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	D'une part, le Comit&#233; d'entreprise (CE) de la RATP (R&#233;gie autonome des transports parisiens) vient d'&#234;tre &#233;pingl&#233;, la main dans le sac, par la Cour des Comptes ; d'autre part, la Commission d'enqu&#234;te parlementaire qui menait des investigations (depuis 6 mois) sur le mode de financement des syndicats (toutes organisations confondues : salari&#233;s, patrons, agriculteurs) et qui devait rendre son rapport le 30 novembre 2011 voit ce rapport purement et simplement enterr&#233; dans la plus grande discr&#233;tion. Il est &#233;vident qu'un enterrement de cette nature ne peut laisser personne de marbre et que tenter de garder secret ce qui ne saurait le rester ne fait qu'exciter les curiosit&#233;s (ce qui est peut-&#234;tre le but de la man&#339;uvre).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Penchons-nous dans un premier temps (avec un certain plaisir, il faut bien l'avouer) sur le cas tristement int&#233;ressant et n&#233;anmoins tout &#224; fait scandaleux du CE de la RATP dont les gestionnaires ne sont autres que nos excellents petits camarades de la CGT. D'apr&#232;s &#171; Lib&#233; &#187; du 6 d&#233;cembre 2011, la Cour des Comptes (magistrature sp&#233;cialis&#233;e dans l'investigation comptable) conclut apr&#232;s enqu&#234;te &#224; un &#171; dysfonctionnement g&#233;n&#233;ralis&#233;, des sur-facturations r&#233;currentes &#187;. Une seule explication &#224; tout cela. &#171; Le caract&#232;re syst&#233;matique des errements conduit &#224; penser qu'ils ne sont la cons&#233;quence ni de hasards malheureux, ni de d&#233;faillances humaines. C'est un syst&#232;me de fuite des fonds confi&#233;s au CE qui appara&#238;t. &#187; Lib&#233; nous apprend que le budget annuel du CE est de 53 millions d'euros, que la f&#234;te annuelle qui a lieu au ch&#226;teau de Fontenay-les-Briis (Essonne)co&#251;te 447&#8200;000 euros (soit &#224; peu pr&#232;s l'&#233;quivalent de la garden-party de l'Elys&#233;e en 2009). Des dirigeants du CE n'h&#233;siteraient apparemment pas &#224; profiter personnellement de la situation, selon la Cour des Comptes : &#171; &#8200;Abonnements &#224; des revues &#233;questres, bouteilles de champagne &#224; &#233;tiquette personnalis&#233;e pour un mariage, GPS, produits de beaut&#233;, etc.&#8200; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pour parfaire ce portrait des m&#339;urs syndicalistes des dirigeants du CE de la RATP, l'enqu&#234;te r&#233;v&#232;le que les salari&#233;s du CE, au nombre de 600 (la RATP emploie autour de 40&#8200;000 personnes) sont pour le moins insatisfaits de leurs patrons c&#233;g&#233;tistes. La direction c&#233;g&#233;tiste a en effet &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; 6 reprises par les prud'hommes et la Cour des Comptes &#233;voque &#171; &#8200;La brutalit&#233; des m&#233;thodes de management &#187;. Un salari&#233; t&#233;moigne : &#171; &#8200;Les pires patrons sont souvent les syndicalistes, ils sont l&#224; seulement pour manger le g&#226;teau. &#187; Bilan comptable accablant, climat social interne calamiteux ; le coup port&#233; par cette enqu&#234;te au CE c&#233;g&#233;tiste de la RATP est des plus rudes, d'autant que l'on apprend que d'autres enqu&#234;tes seraient en cours sur un certain nombre de CE (de la SNCF, d'EDF et d'Air France). Le Syst&#232;me, par l'entremise de ses &#171; d&#233;tectives de choc &#187; feint de d&#233;couvrir que les divers CE fonctionnent comme autant de pompes &#224; fric qui alimentent les grandes centrales syndicales de fa&#231;on parfaitement frauduleuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pourquoi tant de haine de la part des autorit&#233;s envers ces malheureux &#233;gar&#233;s dans les mar&#233;cages m&#233;phitiques de la cogestion&#8200; ? Ont-ils simplement d&#233;pass&#233; les limites de la biens&#233;ance et m&#233;rit&#233; par cons&#233;quent une sanction pour leurs m&#233;faits ? Ou bien s'agit-il de la part des hautes sph&#232;res d'une tentative de d&#233;stabilisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des forces syndicales, parce qu'on a pressenti qu'en cas de secousse sociale de grande ampleur, elles ne seraient plus en mesure d'endiguer les flots de la col&#232;re populaire et que d&#232;s lors on pouvait se permettre de ne plus les m&#233;nager ? Toutes les lectures sont possibles et on peut aussi voir dans cette ambiance de guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e des gangs un abandon des r&#232;gles de fair-play, des lois tacites qui pr&#233;valaient aux temps anciens : la non-ing&#233;rence dans les affaires internes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	C'est sans doute au deuxi&#232;me temps de cette valse-h&#233;sitation du pouvoir, qui se demande s'il vaut mieux r&#233;v&#233;ler ou taire, que l'on peut situer l'&#233;tonnant &#233;pisode du rapport de la Commission d'enqu&#234;te parlementaire sur le financement des organisations syndicales. Selon cette fois-ci &#171; Le Monde &#187; du 7 d&#233;cembre 2011, la dite Commission a enqu&#234;t&#233; pendant 6 mois et a &#171; auditionn&#233; une cinquantaine de personnes de toutes les organisations syndicales &#187;, or, le 30 novembre, &#171; au moment de l'adoption du rapport, l'UMP se d&#233;file et le document est mis au pilon. Toute trace des auditions, comme du rapport d&#233;finitif dispara&#238;t des archives de l'Assembl&#233;e nationale. Toute communication sur le texte final est proscrite sous peine de poursuites au p&#233;nal.&#8200; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	On ne peut &#233;videmment que se perdre en conjectures diverses et vari&#233;es quant au contenu sulfureux et apparemment d&#233;rangeant de ce fameux rapport ; on ne peut qu'&#233;chafauder toues sortes d'hypoth&#232;ses sur les compromissions infamantes, les liaisons dangereuses que ce dossier devait receler et c'est sans doute l'objectif recherch&#233; (surtout apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations fracassantes sur les gestions frauduleuses des comit&#233;s d'entreprise). Dans ce cas de figure, ne rien dire, c'est laisser supposer le pire...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Cette esp&#232;ce de bombe &#224; retardement, d&#233;licatement pos&#233;e sous le si&#232;ge confortable des organisations syndicales rentre sans doute dans le cadre des op&#233;rations de guerre &#233;lectorale&#8200; : pour certains milieux r&#233;actionnaires proches du pouvoir et particuli&#232;rement attard&#233;s, le &#171; &#8200;syndicalisme&#8200; &#187;, m&#234;me dans sa version syndicapitaliste reste un ennemi. Il peut aussi s'agir d'une tentative de chantage : en &#233;change d'informations qui jamais au grand jamais ne verront le jour, on demande aux centrales davantage de collaboration et d'efficacit&#233; dans leur r&#244;le de gardiens de l'ordre social (ce qui est d'un injustice flagrante quand on conna&#238;t les efforts d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233;es par les appareils syndicaux pour saboter les luttes). Quelles que soient les hypoth&#232;ses formul&#233;es et quelles que puissent &#234;tre les suites de ces deux affaires, le syndicapitalisme a du plomb dans l'&#238;le. A trop fr&#233;quenter l'ennemi, on en adopte les m&#339;urs et les coutumes&#8200; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	M&#234;me s'il n'est pas d&#233;plaisant de voir des adversaires s'engluer dans le scandale, il faut garder &#224; l'esprit que le moteur de la machine m&#233;diatique d'&#201;tat fonctionne presque exclusivement au carburant-scandale. Les scandales nous sont d&#233;clin&#233;s &#224; toutes les sauces et &#224; tous les modes comme si la connaissance de la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e pouvait &#234;tre gage de d&#233;mocratie et transparence. Toujours pr&#233;sent&#233;e comme un &#233;piph&#233;nom&#232;ne, un accident &#224; la marge, la corruption est en fait le c&#339;ur mou du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&#8200;Garga.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>ALES PIQUE NIQUE A LA CAF</title>
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		<description>Le &#171; Collectif exploit&#233;s &#233;nerv&#233;s d'Al&#232;s &#187; a pris &#171; une longueur d'avance &#187; en &#171; passant aux actes &#187;, ce matin, lundi 12 d&#233;cembre 2011, 10 h 00 &#224; la CAF d'Al&#232;s : une vingtaine de copains et copines, allocataires RSA, venus accompagner deux couples de r&#233;sidents d'un village voisin pour faire sauter un contr&#244;le CAF abusif. Il est d&#233;cid&#233; d'occuper l'un des bureaux tant que l'affaire n'est pas r&#233;solue, sans bloquer le fonctionnement de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; Collectif exploit&#233;s &#233;nerv&#233;s d'Al&#232;s &#187; a pris &#171; une longueur d'avance &#187; en &#171; passant aux actes &#187;, ce matin, lundi 12 d&#233;cembre 2011, 10 h 00 &#224; la CAF d'Al&#232;s : une vingtaine de copains et copines, allocataires RSA, venus accompagner deux couples de r&#233;sidents d'un village voisin pour faire sauter un contr&#244;le CAF abusif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est d&#233;cid&#233; d'occuper l'un des bureaux tant que l'affaire n'est pas r&#233;solue, sans bloquer le fonctionnement de l'antenne, ni g&#234;ner en quoi que ce soit le service. Dans le hall d'attente, les discussions vont bon train, car chacun vient prendre son tour dans cette file d'attente &#171; en perspective d'une matin&#233;e foutue &#187; ou avec &#171; l'appr&#233;hension d'avoir encore oubli&#233; un papier &#187; ; alors, on s'informe des tracasseries que repr&#233;sentent pour sa voisine ou son voisin imm&#233;diat &#171; la tenue d'un dossier d'allocataire en &#171; &#8200;bonnet du forme&#8200; &#187; &#187;, le gymkhana de celui qui cumule de petites vacations de travail, des &#171; trop per&#231;us &#187; et l'&#171; &#8200;assignation &#224; r&#233;sidence &#187; du contr&#244;le... Apr&#232;s une demi-heure de station au milieu du &#171; d&#233;fil&#233; d'allocataires &#187;, on prend conscience du caract&#232;re bigarr&#233; et atomis&#233; de ce public d'&#171; invisibles &#187; et de sa fragilit&#233; devant l'administration toute-puissante de ses Droits... A 14 h 00, apr&#232;s un &#171; &#8200;repas sur place tir&#233; du sac &#187;, c'est pli&#233;, le contr&#244;le, pr&#233;vu pour le lendemain est annul&#233; et les proc&#233;dures de versement de rappels sont parties. Les deux agents-CAF ont &#233;cout&#233;, outre les explications et requ&#234;tes des int&#233;ress&#233;(e)s, des avis contradictoires auxquels elles n'auraient peut-&#234;tre pas pens&#233;... Quand on vous dit qu' &#171; on est l&#224; pour les aider &#224; y voir clair &#187; ! Et l'on n'a pas vu l'ombre d'un k&#233;pi...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&#8200;Un CNT-AIT du lot d'exploit&#233;s cens&#233;s &#233;nerv&#233;s...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argentine 2001-2011</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>10 ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 2001 et la grave crise &#233;conomique qui a frapp&#233; l'Argentine, nous avons voulu revenir sur cet &#233;pisode avec le recul des ann&#233;es et tenter de d&#233;cortiquer un peu tout &#231;a &#224; travers le t&#233;moignage d'un compagnon pr&#233;sent &#224; l'&#233;poque et qui a vu, au fil des ann&#233;es et pendant ses voyages r&#233;guliers, comment se sont encha&#238;n&#233;s les &#233;v&#233;nements. Dans les ann&#233;es 90, l'Argentine faisait figure d'exemple au sein du FMI. Elle &#233;tait devenue le (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10 ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 2001 et la grave crise &#233;conomique qui a frapp&#233; l'Argentine, nous avons voulu revenir sur cet &#233;pisode avec le recul des ann&#233;es et tenter de d&#233;cortiquer un peu tout &#231;a &#224; travers le t&#233;moignage d'un compagnon pr&#233;sent &#224; l'&#233;poque et qui a vu, au fil des ann&#233;es et pendant ses voyages r&#233;guliers, comment se sont encha&#238;n&#233;s les &#233;v&#233;nements. Dans les ann&#233;es 90, l'Argentine faisait figure d'exemple au sein du FMI. Elle &#233;tait devenue le mod&#232;le &#224; suivre, le pays qui appliquait &#224; la lettre les programmes &#233;conomiques d&#233;cid&#233;s et vot&#233;s au FMI et &#224; Washington, des programmes ultralib&#233;raux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	C'&#233;tait ce que les m&#233;dias argentins ont appel&#233; les ann&#233;es &#171; &#8200;pizza-champagne&#8200; &#187; pendant lesquelles certaines vedettes de t&#233;l&#233;vision, avec quelques politiciens, affirmaient ouvertement que la mis&#232;re n'existait pas en Argentine. C'&#233;tait les ann&#233;es de la parit&#233; peso/dollar. La suite on la conna&#238;t. Vers la fin des ann&#233;es 90, donc vers 98/99/2000, le ch&#244;mage explose, les gr&#232;ves se multiplient, sont plus longues, plus rudes et on commence &#224; voir na&#238;tre le fameux mouvement des &#171; &#8200;Piqueteros&#8200; &#187; qui &#233;tait tr&#232;s radical, ou en tout cas se revendiquait comme tel. Les gens meurent de faim. Plus de travail. On s'entasse encore et encore dans les &#171; &#8200;villas&#8200; &#187;. Le pillage des supermarch&#233;s est tr&#232;s fr&#233;quent. L'Argentine entre en r&#233;cession, puis c'est la banqueroute&#8200; : plus de liquidit&#233;s et la mise en place du &#171; &#8200;corralito&#8200; &#187;. Le pays est en faillite. Voil&#224;, grosso-modo, l'&#233;tat des choses en d&#233;cembre 2001, ou plut&#244;t tout ce qui a fait que le peuple est descendu dans la rue pendant deux jours, et a affront&#233; l'&#201;tat, sa police, son autorit&#233;. Deux jours d'affrontements mais cela, tout le monde l'a vu &#224; la t&#233;l&#233; : lourd bilan et un gouvernement qui d&#233;missionne, le pr&#233;sident qui fuit en h&#233;licopt&#232;re. Ce qui nous int&#233;resse c'est ce qui se passe apr&#232;s le fameux &#171; &#8200;Que se vayan todos&#8200; &#187; (qu'ils s'en aillent tous). Le gouvernement parti, qu'est-ce qu'on fait maintenant&#8200; ? Comment on s'organise&#8200; ? Comment fait-on pour vivre&#8200; ? etc., etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La population&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les gens vont dans un premier temps se r&#233;unir dans tous les quartiers de toutes les villes, sur chaque place. Ils vont cr&#233;er des assembl&#233;es populaires o&#249; seront discut&#233;s les th&#232;mes du &#171; &#8200;comment vivre &#187;, &#171; comment s'organiser&#8200; &#187;. Le ph&#233;nom&#232;ne va se g&#233;n&#233;raliser un peu partout dans le pays, en tout cas dans les principales villes (Rosario, Cordoba, Mendoza, Buenos Aires, etc.). Chaque quartier a son assembl&#233;e populaire. Au d&#233;but, les politiciens n'y sont pas les bienvenus. On verra par la suite qu'ils ont r&#233;ussi &#224; reprendre le ph&#233;nom&#232;ne &#224; leur compte. Les gens vont organiser des clubs de troc dans certains quartiers. Ils vont continuer &#224; assurer l'enseignement et les soins de base. Ils organisent aussi des &#171; cantines populaires&#8200; &#187;, pour les enfants au d&#233;but, puis dans certains quartiers tr&#232;s pauvres, il se fera des cantines populaires pour tous. Dans les usines, abandonn&#233;es pas les patrons, les ouvriers vont reprendre la production &#224; leur compte, et vont se constituer en comit&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne va se g&#233;n&#233;raliser &#224; beaucoup d'usines dans le pays. En France, on ne conna&#238;tra que l'histoire de la Brukman et celle de la Zanon. Ces usines dites &#171; autog&#233;r&#233;es&#8200; &#187; vont ensuite se solidariser avec les comit&#233;s de quartier, ou assembl&#233;es populaires, elles seront un peu le moteur de la vie dans certains endroits, elles organiseront aussi, par exemple, dans certains quartiers, la vie culturelle pour les habitants de ces derniers. Elles cr&#233;eront des biblioth&#232;ques accessibles &#224; tous. Elles mettront &#224; disposition des lieux o&#249; l'on assurera des activit&#233;s culturelles. Il faut cependant tenir compte du fait que ces mouvements-l&#224; &#233;taient diff&#233;rents d'un endroit &#224; l'autre : ce n'&#233;tait pas pareil partout. Il faut aussi comprendre que tout cela est le d&#233;but, ensuite les choses vont bien changer, assez vite, et cela gr&#226;ce au concours des forces de &#171; gauche &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique Les mouvements gauchistes en g&#233;n&#233;ral ont &#233;t&#233; actifs bien avant les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 2001, par exemple, au d&#233;but des mouvements Piqueteros qu'ils ont bien repris en main. On pouvait y voir les mao&#239;stes, les guevaristes, d'autres marxistes l&#233;ninistes et m&#234;me les p&#233;ronistes dits de gauche. Ils seront tr&#232;s actifs aussi dans les milieux associatifs, et gr&#226;ce &#224; &#231;a, entreront par la grande porte dans les assembl&#233;es populaires pour y reprendre un discours tr&#232;s politique et politis&#233;, ce qui a eu pour effet de d&#233;go&#251;ter rapidement beaucoup de gens - la majorit&#233;&#8200;-, les autres se sont fait endoctriner, encore que cela reste &#224; d&#233;montrer. Je me souviens d'avoir demand&#233; &#224; certains de mes proches pourquoi ils ne se rendaient plus aux assembl&#233;es. Ils m'ont r&#233;pondu ne pas avoir envie d'un discours th&#233;orique sur le marxisme, le trotskisme etc., que pour eux, la seule chose qui importait c'&#233;tait de manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Ainsi, peu a peu, les assembl&#233;es vont-elles s'&#233;teindre. Il va se passer approximativement la m&#234;me chose dans les usines autog&#233;r&#233;es : les gauchistes vont faire de l'entrisme dans les comit&#233;s -&#8200;officiellement pour aider ces usines, offrir une aide juridique. Ils vont faire campagne pour une production planifi&#233;e par l'&#201;tat (donc &#233;tatis&#233;e). Ils b&#233;n&#233;ficieront de l'appui de la COOP, banque du parti communiste, qui est toujours en activit&#233; &#224; ce jour. Gr&#226;ce aux affaires Zanon / Brukman, tr&#232;s m&#233;diatis&#233;es &#224; l'&#233;poque, ils auront deux exemples sur lesquels s'appuyer ; et si l'on ajoute &#224; &#231;a l'effet des visites , la larme &#224; l'&#339;il, des principaux responsables des partis de gauche du monde entier (No&#235;l Mam&#232;re, Fran&#231;ois Hollande et Olivier Besancenot pour les fran&#231;ais) l'effet est imm&#233;diat. Beaucoup d'usines signeront des accords et opteront pour ces fameuses productions planifi&#233;es par l'&#201;tat. Les usines qui refuseront seront d&#233;log&#233;es par les forces de l'ordre, et on taxera leurs ouvriers de voleurs &#224; la t&#233;l&#233;vision.
Et l'&#201;tat dans tout &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de 2001, l'&#201;tat s'est mis volontairement en retrait, du moins en apparence, car il existe encore un gouvernement provisoire, charg&#233; officiellement d'organiser les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, pr&#233;vues en 2003. Ce gouvernement va enr&#244;ler &#224; tour de bras des policiers recrut&#233;s parmi les populations les plus pauvres du pays. Ces policiers se verront arm&#233;s avec autorisation de tirer sur les &#171; contrevenants &#187; - sur tout le monde en fait - ce qui a pour effet de tendre la situation et d'installer un climat de m&#233;fiance. Ces policiers n'auront en effet aucun scrupule &#224; raquetter les gens, &#224; tirer sur les enfants, les femmes, les jeunes ou les vieux. Il y aura beaucoup de morts &#224; cette &#233;poque. La t&#233;l&#233;vision criminalisera au maximum toutes les initiatives du peuple, incriminera les populations les plus pauvres, encouragera les classes moyennes &#224; se barricader et &#224; s'organiser en milices priv&#233;es - milices majoritairement constitu&#233;es par des policiers &#224; la retraite, des ex- militaires ou des policiers en activit&#233; qui cherchent un second emploi pour arrondir les fins de mois&#8230; et faire du rep&#233;rage pour revenir plus tard commettre un cambriolage, souvent muscl&#233;. L'on demandera aussi &#224; ces policiers, par endroits, de plastiquer des banques. Les affaires o&#249; il sont compromis n'aboutissent jamais et la t&#233;l&#233; en profite pour criminaliser encore plus les populations tout en passant en boucle des spots publicitaires en provenance de tous les minist&#232;res de l'&#201;tat, o&#249; il est question de &#171; &#8200;Vouloir un pays s&#233;rieux &#187; et pas d'un pays de &#171; voleurs &#187;. Ces messages sont tr&#232;s explicites. L'arm&#233;e menacera aussi de sortir les chars, vers juin 2002, mais ne le fera pas. &#192; cette &#233;poque les USA d&#233;ploieront quelques 6 000 marines au nord de l'Argentine, officiellement pour des man&#339;uvres, mais la population parle et est inqui&#232;te de cette derni&#232;re nouvelle. On ne sait pas tr&#232;s bien si ce sont des rumeurs ou si c'est vrai. La population est apeur&#233;e. Petit &#224; petit, l'&#233;tat a r&#233;ussi son coup : faire peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces trois forces se sont entrem&#234;l&#233;es pendant plusieurs mois. Tout ce qui est &#233;voqu&#233; ici s'est pass&#233; au m&#234;me moment. Dans cette p&#233;riode trouble, j'ai essay&#233; dans ces lignes de faire un recoupement de ce que j'ai vu, entendu et de ce que mes amis et ma famille en Argentine m'ont t&#233;moign&#233; (alors que les informations avaient du mal &#224; passer les fronti&#232;res). On voulait que &#171; &#8200;se vayan todos &#187;, mais aujourd'hui, on peut constater que &#171; nadie se fue &#187; (personne n'est parti) ; que la situation d'avant crise, nous y revenons 10 ans plus tard puisque on r&#233;-entend dans les m&#233;dias que les principaux dirigeants du monde sont tr&#232;s satisfaits de la croissance &#233;conomique de l'Argentine. J'ai m&#234;me encore entendu que c'&#233;tait un exemple a suivre, de nouveau...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_A.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BIO ARNAQUE</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>A l'origine le bio est apparu aux USA dans les ann&#233;es 30. Il n'arrive en France que dans les ann&#233;es 60. Les principes de l'agriculture biologique sont l'utilisation d'engrais min&#233;raux, la pratique de l'assolement/rotation, l'activation de la vie microbienne du sol. Elle combat les labours profonds, la monoculture, l'utilisation des pesticides. Les objectifs sont produire de la qualit&#233; (sant&#233;), ne pas &#233;puiser la terre (&#233;cologie-environnement), (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'origine le bio est apparu aux USA dans les ann&#233;es 30. Il n'arrive en France que dans les ann&#233;es 60. Les principes de l'agriculture biologique sont l'utilisation d'engrais min&#233;raux, la pratique de l'assolement/rotation, l'activation de la vie microbienne du sol. Elle combat les labours profonds, la monoculture, l'utilisation des pesticides. Les objectifs sont produire de la qualit&#233; (sant&#233;), ne pas &#233;puiser la terre (&#233;cologie-environnement), &#233;chapper le plus possible aux circuits de distribution commerciaux (social). Avec ces principes, nous sommes bien &#233;videmment d'accord. Mais, dans les faits, c'est souvent tout autre chose qu'on nous vend sous l'&#233;tiquette verte. Au d&#233;part en effet, c'&#233;tait simple : un produit bio allait de pair avec des m&#233;thodes de production de qualit&#233;. Maintenant la fili&#232;re s'est industrialis&#233;e et mondialis&#233;e. Et quand l'industrie agroalimentaire s'en m&#234;le, alors &#231;a devient du business !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	En effet, le bio est &#224; la mode. Il para&#238;t que le march&#233; augmente de 30&#8200;% par an, ce qui fait que ce qui se vend sous l'&#233;tiquette bio est de tr&#232;s loin sup&#233;rieur &#224; ce qui ce produit. De plus, les &#171; marges &#187; sont r&#233;apparues : un paysans bio vend 20&#8200;% maximum plus cher, mais en magasin, c'est 75&#8200;% de plus qu'il faut compter en moyenne !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et ce n'est pas fini : des grandes entreprise de l'agroalimentaire ach&#232;tent des soci&#233;t&#233;s de petit producteurs bio pour se positionner sur un march&#233; en pleine croissance. &#171; &#8200;Di&#233;t&#233;tique et Sant&#233; &#187; comme annexe de Rh&#244;ne-Poulenc, &#231;a vous donne vraiment confiance ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	De plus, cette marchandisation du bio est en train d'entra&#238;ner l'apparition de monocultures biologiques, d'&#233;levages bios intensifs, de cultures bios hors saison, autant de m&#233;thodes &#233;loign&#233;es de l'&#233;thique d'origine. Et l&#224; ne s'arr&#234;te pas la d&#233;rive. Un produit bio peut n'&#234;tre naturel qu'&#224; 95%, ou m&#234;me &#224; 70% (avec la mention de 30% non-bio dans la liste des ingr&#233;dients du produit). En tout cas ce qui est s&#251;r c'est que 5 % de la composition du produit reste &#171; libre &#187; pour le producteur qui peut compl&#233;ter &#224; sa guise avec des additifs pas forc&#233;ment tr&#232;s propres. En plus, depuis le 1er janvier 2009, une nouvelle r&#233;glementation europ&#233;enne autorise 0,9&#8200;% d'OGM (quoi de plus &#171; non-bio &#187; que les OGM&#8200; ?) dans les produits bios. Donc il est tout &#224; fait possible d'avoir un produit &#233;tiquet&#233; &#171; BIO &#187; qui contienne plus que de larges traces d'OGM !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Dans la r&#233;alit&#233;, les produits bios ne le sont donc pas forc&#233;ment. Ils n'&#233;chappent pas n&#233;cessairement &#224; l'agriculture intensive (arrosage abusif, emploi intensif d'engrais naturels, enfin tout ce qu'il faut pour pouvoir r&#233;pondre aux exigences des grandes surfaces qui veulent surtout de &#171; jolis &#187; fruits et l&#233;gumes). Un exemple, les fraises d'Espagne cultiv&#233;es dans quelques centaines de serres dot&#233;es de syst&#232;me d'irrigation en goutte-&#224;-goutte. Elles sont ensuite r&#233;colt&#233;es par des travailleuses immigr&#233;es venant du Maroc, d'Am&#233;rique latine, ou d'Europe de l'Est, qui sont soumises &#224; des conditions de travail tr&#232;s dures, et pay&#233;es au lance pierre ! Nous sommes loin, tr&#232;s loin de ceux qui, au d&#233;but des ann&#233;es 70 ; voulaient une agriculture aux crit&#232;res &#233;cologiques et sociaux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bio, qui se voulait une alternative &#224; la culture intensive industrielle, est devenu &#224; son tour, entre les mains des capitalistes, un march&#233; juteux et qui se pourrit de jour en jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&#8200;D&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LOGRONO</title>
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		<dc:subject>A la une</dc:subject>

		<description>Le 2 novembre trois jeunes membres de la CNT-AIT de Logrono (Espagne) ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s lors d'un contr&#244;le syst&#233;matique &#224; Nice avant la manifestation qui devait avoir lieu en protestation contre le G20. Il a &#233;t&#233; trouv&#233; dans leur v&#233;hicule du mat&#233;riel d'escalade (piolet&#8230;) tout simplement parce que l'un d'entre eux est un alpiniste et qu'ils pensaient prolonger leur s&#233;jour en faisant un peu d'escalade dans les Alpes. Cela a suffi &#224; les envoyer (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 2 novembre trois jeunes membres de la CNT-AIT de Logrono (Espagne) ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s lors d'un contr&#244;le syst&#233;matique &#224; Nice avant la manifestation qui devait avoir lieu en protestation contre le G20. Il a &#233;t&#233; trouv&#233; dans leur v&#233;hicule du mat&#233;riel d'escalade (piolet&#8230;) tout simplement parce que l'un d'entre eux est un alpiniste et qu'ils pensaient prolonger leur s&#233;jour en faisant un peu d'escalade dans les Alpes. Cela a suffi &#224; les envoyer directement en prison&#8200;puisqu'ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s en comparution imm&#233;diate &#224; 4 mois de prison dont 1 ferme. Ils ont bien s&#251;r fait appel de cette d&#233;cision inique.&#8200;L'appel viendra courant janvier. Cette arrestation a d&#233;clench&#233; une vague de protestation&#8200;de la part de la CNT-AIT fran&#231;aise&#8200; : courriers aux prisonniers, courriers au tribunal de Nice, courriers &#224; l'ambassade d'Espagne, rassemblement devant le Consulat d'Espagne &#224; Toulouse (notre photo), qui avait, on ne sait pourquoi, enlev&#233; le matin m&#234;me le drapeau espagnol et le drapeau europ&#233;en et &#233;tait prot&#233;g&#233; par un cordon de CRS &#233;quip&#233;s de pied en cap, manifestation &#233;galement devant le Consulat d'Espagne &#224; Perpignan malgr&#233; une pluie battante avec r&#233;percutions dans la presse locale...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_259 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.cntaittoulouse.lautre.net/local/cache-vignettes/L384xH196/logrono-d4a4f.jpg' width='384' height='196' alt=&quot;&quot; style='height:196px;width:384px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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